ACTE V, SCENE II
LISBETH
Eh bien I alors, je crois savoir qui vous êtes, madame; j’ai l’honneur de recevoir la comtesse de Rhendorf?
LÉOPOLDINE
Vous me connaissez ?
LISBETH
Nos pauvres aussi vous commissent. Pas plus tard qu’hier, dans le village, j’ai distribué des aumônes en votre nom.
LÉOPOLDINE
En ce cas, vous allez me dire à qui je puis être utile.
LISBETH
Ici?
LÉOPOLDINB.
Oui... je n’y suis venue que parce qu’on m’y appelle... J’allais partir pour un long voyage.... peut-être quitter pour toujours l’Allemagne où rien ne me retient plus , quand j’ai reçu hier h Leipsick ce mystérieux billet. (Le lisant.) « Quelqu’un qui n’a » d’espoir au’en vous, implore votre présence au presbytère du » pasteur Evrard. « Aussitôt, je me suis mise en route pour apporter mes secours et mon appui à la personne qui les réclame avec tant d’instance.
LISBETH
Cette personne, je ne sais qui elle est I
LÉOPOLDINE
Comment! je ne suis pas attendue ici par quelqu’un ?
LISBETH
Non, madame, à moins qu’il ne s’agisse de celle bonne vieille femme qui s’est,présenlée hier au soir... encore elle n’a demandé que le pasteur Evrard... Quand elle a su qu’il n’y était pas, elle s’en est retournée à Leipsick avec la jeune servante qui l’accompagnait.
LÉOPOLDINE
Et cette bonne vieille est de ce pays?
LISBETH
Non, madame, elle vient, au contraire, d’assez loin h co que j'ai pu comprendre ; elle paraissait bien triste et bien fatiguée... j’ai voulu la retenir, mais elle a refusé de rester, et m’a dit en pleurant je reviendrai demain.
LÉOPOLDINE
Et elle n’est pas revenue ?
LISBETH
Oh I si fait, ce matin, mais, toute seule, alors... elle m’a de-
mandé do lui ouvrir la chapelle , où elle roulait aller prier.... c’était bien facile, il y a une porte qui donne dans la maison. léopoldine, à elle-même.
Une femme âgée qui pleure et qui prie.... ce doit être cette femme qui me demande, et, si j’en crois un pénible pressentiment, cette femme, c’est...