ACTE V, SCENE IX
ÉVhARD.
A son père ! cet homme la protégera-t-il, lui qui vous a abandonnée sans doute?
marguerite, vivement.
Oh! ne l’accusez pas, monsieur, ne flétrissez pas, même par la pensée, le plus généreux des hommes. Pour tout ce que je lui ai fait souffrir, j’espérais que le ciel me réservait de rendre à ce pauvre père son trésor, son seul bonheur dans ce monde. Mais, à peine au début de mon voyage, je comprends que ce voyage est impossible ; les forces de mon enfant l’ont déjà trahie ; puis, si elle tombait malade en route, je no pourrais pas la secourir; si on voulait mo la ravir encore, je ne pourrais pas la défendre... Tenez, monsieur, ce n’est pas sans but que la Providence m’a conduite ici; elle veut que la sainte mission que je me suis donnée soit remplie par un autre,
EVRARD
Un autre ?
MARGUERITE
Par un autre plus digne que moi de l’accomplir ; par vous, monsieur, par vous qui direz à Jean-Paul Berghen...
ÉVRARD
Jean-Paul Berghen... cette enfant est à Jean-Paul Berghen de Dresde?
MARGUERITE
Oui, monsieur, à Jean-Paul, mon mari.
EVRARD
Vous vous nommez, alors i Marguerite Wenzell?
marguerite.
Oui, monsieur.
évrard, à part.
Celle que monsieur de Rhendorf avait perdue ! Pauvre femme, elle a cruellement racheté ses fautes.
MARGUERITE
A présent, il faut que vous sachiez tout le secret que j’ai refusé de vous avouer... Je vais vous le dire... mais, pour cet aveu , laissez-moi recueillir un moment mes forces et mon courage. (Elle tombe à genoux et reste comme en prières. A ce moment Jean-Paul sort du pavillon une lettre à la main.)