‹ La mendiante drame en cinq actes (volume 3)Chapitre 19 sur 91 · THÉRÈSE, MARGUERITE · texte numérisé non relu

THÉRÈSE, MARGUERITE

Thérèse, s’approchant de Marguerite qui garde le silence.

Comme- lu es pâle! comme tu trembles, ., Voyons, Marguerite, voyons, mon enfant, parle avec confiance à ta mère... Ce ne peut être qu’un terrible secret celui qui te force ^rentrer mystérieusement chez toi et à craindre d’être vue ici... ici, où tu es tant aimée... Je ne sais qu’imaginer, Marguerite... Ohl mais dis-moi donc quel est le malheur que tu rapportes dans cette maison ?

MARGUERITE

Je ne viens pas îei pour y rester, ma mère.. Si le ciel m’avait exaucée, tout le monde eût ignoré que j’y étais venue.

THÉRÈSE

Ainsi, tu ne voulais rencontrer ni moi ni Jean-Paul?

MARGUERITE

Je vous croyais endormie.., et je le savais en voyage... S’il n’avait pas été parti, la voiture qui m’a conduite ici aurait fait uu détour pour éviter même de passer devant Marienberg.

THÉRÈSE

C’est Marguerite qui me dit cela... thon Dieu... est-ce qu’elle a bien toute sa raison ?

marguerite.

Ah! ouf, fai pâli et tremblé devant vous... mais devant lui..

fSi Dieu avait eu pitié de moi, devant lui je serais tombée morte I

THÉRÈSE

Tu comptais sur mon sommeil... tu profitais de l'absence de Jean-Paul... Mais dans quel dessein... Que venais-tu donc faire ici ?

MARGUERITE

Je venais embrasser ma fille, et si après l’avoir revue je n’avais pu rne séparer d’elle... eh bien, alors, je l'aurais emportée.

THÉRÈSE

Nous enlever cette enfant !... Prendre Marie à son père !

MARGUERITE

Ne me demandez pas compte do ce que j’aurais fait... je n’en sais rien... non, je n’en sais rien.

THÉRÈSE

Ce que tu aurais fait on nous prenant Marie... je peux te le dire, Marguerite : lu aurais tué Jean-Paul,

MARGUERITE

Oui, c’eût été un crime de plus.

TIIÉRESE.

Un crime de plus?... Oh I tu vas me dire... [La voyant s'agenouiller.) yue fais-tu ?

MARGUERITE

Je ne puis vous parler qu’à genoux, manière.

THÉRÈSE

Seigneur... que vais-je donc apprendre ?

MARGUERITE

Jean-Paul a eu tort quand il m’a vue malade et condamnée, de me conduire à Spa où la vie devait m’ètre rendue... il fallait me permettre de mourir ici ; vous auriez gardé de moi un souvenir que je ne peux plus vous laisser... En mourant dans les bras de mon mari et sous le regard de ma fille, je serais morte hon- . nête femme !

THÉRÈSE

Ohl je comprends... là-bas... un autre... un autre araourl... Pauvre Jean Paul ! j’avais bien deviné. Coupable ! tu as été coupable 1 toi Marguerite ?

MARGUERITE

C’est à Dieu seulement que je croyais avoir à rendre compte de ma faute... Déjà pour Jean- Paul j’avais cessé d’exister... Dans ma pensée je me sentais libre : je n’appartenais plus qu’à la tombe.

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