MARGUERITE , FRANZ
(Marguerite en élégant costume de voyage, ayant près d’elle sur un meuble sa niante de dentelle et son chapeau, est assise d«T vont une table et occupée à écrire. — Franz se lient respectueusement en arrière.') , t
Ditçs-pioi, Franz ?
FRANZ
Madame la comtesse î
MARGUERITE
Vous êtes-vous informé auprès du maître de poste du temps nécessaire pour faire cette route?
FRAfflt.
En partant ce matin de Mulrpse, madame arrivera jeudi soir à Uhc-ndot f.
MARGUERITE
Alors, il ne faut que trois jours ?
FRANZ
Pas davantage.
marguerite , à elle-même.
N’ètre qu’à trois jours do distance et me laisser pendant six semaines sans nouvelles, après m’avoir défendu de lui écrire!... Oui, défendu, comme un maître à sa servante... N’est-il pas
AGCK U, SCENE IL
mon maître? Vendue ou donnée, je lui appartiens.,. Toute autre feiiime a droit à ses égards... Mais moi, je n’ai à attendre de lui quo des ordres... Ce voyage que j’ose entreprendre sans son aveu, ce voyage va l’irriter contre moi, sans doute,,. Mais je ne peux pas vivre plus longtemps ainsi. (A Franz.) Pour quelle heure ai-je demandé les chevaux?
FRANZ
Pour onze heures,
MARGUERITE
C’est trop lard... Retournez h la poste... Je veux partir h l’instant.
FRANZ
Oui, madame la comtesse. (Il se dispose à sortir.)
MARGUERITE
Un inornédl,.. J’ai & fermer cette lettre.,. Allumez une bougie.
franz. .
Tout de suite, madame la comtesse. (Il sort un moment.)
• M UiGUP.RITE, , .
Toujours ce titre de comtesse qu’on affecte do njo donner, comme pour me rappeler qu’il ne m’appartient pas!... Quand donc quelqu’un me dira-t-il : Marguerite ! (A Franz (fui .apporte la bougie allumée.) Ecoutez-moi bien, Franz; aussitôt après mon départ, vous vous tiendrez en lias, dans la rue ; vous guetterez le passage du courrier pour lui donner cette lettre... N’y manquez pas... 11 faut qu’elle parte aujourd'hui pour que la répons# me suive.
Je puis assurer à madame...
marguerite ? avec impatience.
C’est bien... Allez où je vous envoie. (Franz sort.)