ACTE II, SCENE X
CHRISTIAN
C’est un cruel sacrifice que je vous demande; mais il vous sera payé par mon amolir.
marguerite, à part.
, Son amour 1 ( Haut .) Que parlez- vous de sacrifice, monsieur ! vous êtes encore trop généreux.
CHRISTIAN
Moi I •
MARGUERITE
Sans doute, trop généreux, quand j’ai tant de choses à vous rendre, de ne me redemander que votre nom.
CHRISTIAN
Je ne vous comprends pas.
marguerite, allant h un meuble et tirant un écrinpuis détachant les bijoux qu’elle porte.
Ces diamants, ces bijoux, ii faut tout me reprendre, monsieur, tout, je le veux î
CHRISTIAN
Marguerite, vous êtes sous le coup d’une irritation que justifie ma demande ; mais, quand elle sera calmée, vous reviendrez à moi.
marguerite.
A vous I à vous, monsieur, qui êtes marié !
Christian, à part.
Elle savait tout !
MARGUKRITB.
Mais c’est un nouveau crime, une honte.de plus-que vous me proposiez... Ah çè, pour croire que je l’accepterai, vous me jugez donc descendue bien bas?
CHRISTIAN
Croyez, Marguerite, que sans la volonté de mon père...
MARGUERITE
Eh! mon Dieu, monsieur, je ne me plains de rien. Je ne vous reproche pas ce mariage. Des liens tels que les nôtres doivent tôt ou tard être brisés. Plus de ménagoments inutiles, plus de mensonges, vous l’ave/, dit : Je dois quitter cette maison... mais, je partirai seuler.. je partirai dans une heure, pas avant !.. J’attends quelqu’un.
CHRISTIAN
Quelqu’un que vous attendiez déjà, quand je suis arrivé ce matin.
MARGUERITE
Justement ! {Allant à la fenêtre.) Et si j’ai encore le droit de
vous adresser une prière, monsieur, ne restez pas ici près de moi... car votre présence, et ce que j’attends, ce que j’espère, c’est quelque chose d’impossible, c’est comme un sacrilège.
CHRISTIAN
Je commence à être moins surpris de votre résignation, do votre empressement à rompre.
marguerite, regardant tour « tour la fenêtre et la pendule.
L’heure va sonner, ne m’accorderez-vous pas la grâce que je vous demande?
CHRISTIAN
Je vous gêne, allons... (Apercevant le portefeuille sur le guéridon.) Je comprends tout à fait; vous pouviez perdre un amant, vous aviez assuré l’avenir... c’est mon successeur que vous attendez, Marguerite ?
marguerite, avec indignation.
Ah!
Christian, prenant le portefeuille.
Ce n’est pas sa première visite, car il a déjà oublié son portefeuille.
Marguerite, avec indignation.
Ah! il fallait que cette dernière humiliation vînt de lui... Oui, monsieur, un homme est venu ici peur assurer contre la misère mon avenir perdu... cet homme c’est mon mâri!..|Oui, monsieur, j’attends quelqu’un : c’est ma fille !...
Christian, se découvrant et avec émotion.
Oh! pardon! pardon, madame.
MARGUERITE
Et maintenant sortirez-vous ?
Christian, près de la porte.
Encore une fois, Marguerite, pardon ! (Il sort.)