ACTE V, SCENE IX
* JEAN-PAUL
Ah !
✓ évkarb, étouffant le cri de Jean-Paul.
Chut !
jean-paul, départ.
Marguerite ! Marguerite, vivante !
Evrard. t
Oui , Marguerite qui ne peut vous voir, Marguerite qui croit ne parler qu’à un ministre dp* Dieu, et on ne ment pas a Dieu ! Ecoulez ! écoutez. ( Haut à Marguerite.) Toute faute se rachète par le repentir et l’expiation. Dites^moi toutes vos souffrances, toutes vos tortures, pour que je demande pour vous grâce et miséricorde, 1
MARGUERITE
Abandonnée par l’infâme qui m’avait perdue, justement repoussée par l’époux que j’avais méconnu, trahie et séparée de mon enfant, privée de la lumière, j’ai voulu mourir ; mais la justice divine m’a fait vivre! Pendant six mois je n’ai dû qu’à la charité l’asile et le pain de chaque jour ; mais ce n’était pas là le supplice, ce n’était pas là l’expiation... Dans mon horrible nuit, parfois, des images m’apparaissaient... je revoyais dans ma pensée Jean-Paul, Marie, me souriant, me tendant les bras... Oh! comme je les aimais tous les deux! non pas de cet' amour insensé qui n’est qu’un accès de fièvre ou de délire; mais de ce pur et saint amour que Dieu met dans le cœur des honnêtes femmes et des bonnes mères. Quand ces images s’effaçaient; quand , essayant en vain de les retenir, je me retrouvais seule dans ma nuit <?l dans ma honte, ohl^c'était là le supplice, monsieur, c’était là l’expiation,! Vous pleurez, monsieur, vous avez pitié de la pauvre Marguerite, vous ne la repousserez donc pas, vous lui tendrez votre main, et quand elle la couvrira de ses ' * baisers et de ses larmes, la coupable se 1 croira pardonnée. (Marguerite cherche à saisir la main d'Evrard , mats celui-ci a reculé d'un pas, il a regardé Jean-Paul qui a compris le regard d'Évrard, et c'est sa main qu’il tend à Marguerite, c'est sa main que Marguerite presse sur ses lèvres. Marguerite, comme frappée d’un souvenir, touche avec ses mains la main de Jean-Paul.)
Ah ! la cicatrice! la cicatrice ! Jean-Paul !... Jean-Paul! c’est toi ? (Jean- Paul s'éloigne de Marguerite ; elle se relève étendant le bras.) Tu pardonneras, Jean-Paul, à la pauvre mère qui te rend ton enfant! . ' .
JEAN-PAUL
Marie, ma fille!