THÉRÈSE, MARGUERITE
Thérèse, s’approchant de Marguerite qui garde le silence.
Comme tu es pâle! comme lu trembles.. .Voyons, Marguerite, voyons, mon enfant, parle avec confiance à ta mère... Ce no p ut être qu’un terrible secret celui qui te force b filtrer mystericiisement chez toi et à craindre d’ôlre vuo ici... ici, où tu rs tant aimée... Je ne sais qu'imaginer, Marguerite... Oh! m. is dis-moi donc quel est lu malheur que lu rapportes dans cette maison?
margurrftb.
Je ne viens pas ici pour y rester, ma mère.. Si le ciel m’avait exaucé**, tout le monde eût ignoré quo j’y étais venue.
THÉRÈSE
Ainsi, tu ne voulais rencontrer ni moi ni Jean-Paul?
MARGUERITE
Jo vous croyais endormie... «t je le savais en voyage... S’il n’avait pas cié parti, la voiture qui m'a conduilo ici aurait fait un détour pour ovitor môme do passer devant Marienberg.
TIIÈnÈSB.
C’est Marguerite qui me dit cela... mon Dieu... est-ce qu’elU a bien toute sa raison ?
MARCUr.RtTE.
Ah ! oui, j’ai pâli et tremblé dorant vous... mais devant lui.. Si Dieu avait eu pitié de moi, devant lui je serais tombée morte t
THÉRÈSE
Tu comptais sur mon somim-il... tu profitais do l’absence do Jean-Paul... Mais dans quel dessein... Que venais- tu donc faire ici ?
Je venais embrasser ma Mlle, et si après l’avoir revue je n’avais pu ma séparer d’elle... eh bien, alors, jo l’aurais emportée.
TIIÊR&3K.
Nous enlever cette enfant '... Prendre Marie b son père !
MARGUERITE
Ne me Hernandez pas compte do ce quo j’aurais fait... je h'ci» sais rien... non, ie n'en sais rien.
THÉRÈSE
Ce que tu aurais fait en nous prenant Marie... je peux te le dire, Marguerite : tu aurais tué Jean-Paul.
MARGUERITE
Oui, c’eûtété un crime de plus.
THÉRÈSE
Un crime de plus?... Oh ! tu vas me dire... [La voyant s'agenouiller.) Que fais-tu ?
MARGUERITE
Je ne puis vous parler qu'à genoux, ma mère.
THÉRÈSE
Seigneur... que vais-je donc apprendre?
MARGUERITE
Jean-Paul a eu tort quand il m’a vue malade et condamnée, do me conduire h Spa ou la vio devait m’être rendue... il fallait me permettre de mourir ici ; vous auriez garde do moi un souvenir que je ne peux plus vous hisser... F.» mourant dans les bras de mon mari et sous le regard de ma Mlle, je serais morte honnête femme I
THÉRÈSE
Oh! je comprends... là bas... un autre... un autre amour!... Pauvre Jean Paul ! j’avais bien deviné. Coupable ! tu as été cou* pablo I toi Marguerite ?
MARGUERITE
C’est b Dieu Roulement que je croyais avoir b rendre compte de ma faute... Déjb pour Jean-Paul j’avais cessé d’exister... Dans ma pensée je me sentais libre : je n’appartenais plus qu’b la tombe.
THÉRÈSE
Ce ne peut être que pour ton châtiment que le ciel t’a laissée vivro.
MARGUERITE
Vous dites vrai... Après nia faute, la mort n’eût pai été le pardon, mais c’était cependant un bienfait. Je fus épouse indigne, je ne serai pas hypocrite et lâche... Mourante, j’ai pu oublier Jean-Paul!... Vivante, je ne ferui pas outrer dans sa maison le mensonge et l'infamie !...
THÉRÈSE
Vous avez raison... Maintenant, vous ne pouvez pas... vous ne devez pas attendre ici le retour dû Jean-Paul... El vous vouliez lui prondro Mario!...
MARGUERITE
Oh ! non! non !
THÉRÈSE
Marie, le seul être au monde qui puisse le consoler !
Oh! non!., non!.. Je repousse b présent cette horrible pensée! Que ma fille reste auprès do lui. . qu'elle soit comme l’ange de l'expiation entre h coupable et l’offensé. A vous, madame , qui avez le droit de me maudire ; car je fais le malheur et 1a honte de voire fils... je demande grâce et pillé 1...
THÉRÈSE
A moi!... Et que puis- je b présent pour tous?
MARGUERITE
Ma fille est lb... près do moi... Je ne peux pas me résigner b partir sans l’embrasser... Laisstg-moi lui donner mon baiser d’adieu.
THÉness.
La femme coupable n’est donc pas toujours une mauvaise mère ! ( Montrant la chambre.) Mariant lb !...
MARGUERITE
Vous consentez... Oh! merci! Ma fille, je vais donc la voir encore. (Elle se dirige vers la chambre à gauche. Laporte t'ouvre brusquement , et Jean-Paul, pâle et tremblant <f indignation , parait sur le seuil.)