‹ La mendiante drame en cinq actesChapitre 52 sur 99 · EVRARD, MARGUERITE · texte numérisé non relu

EVRARD, MARGUERITE

Marguerite, avec inquiétude .

Ce pasteur qui vient exprès pour moi, que me veut-il?

EVRARD

Jo vais vous le dire, madame.

Marguerite, frappée d'un souvenir et se levant.

Ah ! jo connais, celte voix !

ÉVRARD

Oui, vous l’avez déjà entendue, ici mémo, il y a six mois.

MARClBRlTB.

Six mois... tant que cela?... c’est possible... jo ne mo remis plus compte du temps.

évrard.

Alors, pauvre femme, votre silence laissait à douter si c’était un malheureux accident ou le coupable effet de votre volonté qui avait mi* vos jours en péril... Dieu me permit de deviner I I vérité, et j’eus lo bonheur, en vous donnant les premiers soins, do vous inspirer assez do conUance pour obtenir do vous une religieuse promesse!

MARGUERITE -

Oui, Je me rappelle bien vos paroles ; sans me tourmenter comme les autres [unir connaître les secrets de ma fatale destinée, vous m’avez prouvé quo le suicide était un crime, vous m’avez dit que la mort n’était pas uno expiation, et jo me suis résignée à vivre I

ÉVRARD

*• Eh bienl c'est U récompense de cette résignation que je viens voua apportez.

fî)

MARGUERITE

Une récompense, à moi?

EVRARD

Ce* t bu moins un terme à votro misère... un soulagement pour ceux qui vous ont recueillie; veuillez m'entendre, Marguerite ; cor je no vous connais quo ce nom... c’est le seul que vous ayez voulu dire.

MARGUERITE

On ne saura quo celui -U I

Evrard.

L’hospitalité, et les soins que vous avez reçus ici, prouvent que les plus pauvres ne sont pas les moins charitables... pourtant, parmi l*s riches, il est aussi beaucoup d’Araes généreuses... si elles ne soulagent pas un plus grand nombre de souffrances, c’est, presque toujours, parce qu’on ne leur dit pas : Voilb oli est le malheur... Par moi-même, je no pourrais rien, pour vous... Je me dois tout entier aux pauvre* de mhn village... mois, en ce moment, dans cette ville, il y a une jeune darne, cruellement éprouvée elle-même, qui m’a donné la mission do découvrir et do lui signaler une grande infortune h réparer.

MARGUERITE

Et vous vous ôtes souvenu do mol, monsieur?

EVRARD

Oui, moi qui dois b tous la même sympathie, j’éproure pour votre malheur un intérêt auquel il m’est encore pins d"iiv J" céder. J'ignore qui vous ôtes, Marguerite. Je no cherche pas à pénétrer les secrets quo vous voulez cacher; mais il me semble que Je suis destiné par la Providence à rendre lo calme b votre esprit, la joie à votre cœur et le repos h votre Ame!

Aht dans co mondo, c’est impossible, monsieur, c’est impossible!

RVRARD.

Ki p ur ou non, Marguerite, c’est un pressentiment qui m’a fait | 1 ns- r A vous dès que j’ai connu les généreuses intentions do la comtesse de Ith^ndorf.

marguerite, c ccc saisissement.

La comtesse do Rhendorf!

Evrard.

C’est ainsi que se nomme la jeune dame chez qui je vais von* conduire aussitôt que tous aurez remercié la bonne K lotte et embrasse ses enfants.

Marguerite, cherchant h Maîtriser son émotion.

Chez... chez la comtesse dé Rhendorf... Je n'irai pas, monsieur, jo n’irai pas.

éVRARD.

Et pourquoi? la connaissez-vous donc?

NAROCERITB.

Oh ! non, je no la connais pas.

ftVHARD.

Ainsi, c’est sans motif que vous repoussez le cœnr qui vient b fous ?

MARGUERITE

Ouf... sans motif... Je n’en ai pas... jo n’en ai aucun I

Evrard.

Eh bien, alors...

■AROCmilTIt.

C’est égal, je refuse : elle n’a pas le droit de m’imposer ses bienfaits... elle, ni personne... Mon Dieu, je ne demande pas do protection... moi... Qu’on me laisse sans pain et sans asile... EnÛn, qu’on me laisse mourir.

Evrard.

Votro agitation me défend de rien ajouter... Je vous quitte pour no pa» insister davantage... il faut vous donner te temps de recouvrer lo calme et do réfléchir... jn reviendrai ce soir... J’«i une autre mission à remplir auprès d'un pauvre prisonnier qui, je l'espère, sera bientôt libre... Adieu, Marguerite; vous accepterez ce soir ce que vous refusez maintenant. (// sort pnr U fond , el au mime moment /dette reparaît sur le seuil de sa porte.)

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