SCENE VIII LLXILE, PIERRE, DE BRIVES
LUCILE
— Pauvre Georges!...
De Brives.
— Comment... pauvre Georges?...
LlCILE.
— Il avait tant d"affection pour xMme Deloche.... Il sera désolé.
De Brives.
— Le principal est que tu sois contente.
Lucile.
— Au prix d'une injustice) au prix d'une lâcheté? Je n'accepte pas ce bonheur-là. .Mme Deloche est une honnête femme, bonne affectueuse, pleine d'attentions. Il n'y a rien à lui reprocher.
La Meuleuse
Pierre.
— Mais, puisque Mme la Comtesse a des preuves....
LuciLE. r^v^
— Oh! Pierre.... \'ous voilà contre elle, vous aussi; vous, en qui elle a tant de confiance, qui la connaissez mieux que personne.... Elle vous a raconté sa vie....
De Brives.
— Ce n"cst pas une raison. S"il fallait croire tout ce que Ton raconte.... Pour ma part, j'estime que ma sœur a été un peu lég-ère, et beaucoup trop enthousiaste, en la recevant.
LUCILE
— Mais .Mme Deloche est d'excellente
famille; son père était gentilhomme. [Siir un sourire de de Brives.) Je t'assure, elle me l'a dit. Il s'appelait M. de Beaiimont.
— Ah! non, il s'appelait M. de .Marigny, ancien consul à Ténériffe.
LUCILE
— Pas du tout.... C'était un président de Chambre.
De Brives, distrait depuis un moment.
— Ma chère Lucile, est-ce que Mme Deloche est réellement blonde? N'aurais-tu point remarqué, par hasard >...
Lucile, des larmes aux yeux.
— Oh! que c'est mal... que c'est donc mal! Voici qu'on l'accuse de tout, à pré- '-ent... de se teindre, de se déguiser, comme si elle était une voleuse cachée dans la maison.
De Brives.
— Qui te parle de ça, voyons! Est-ce
qu'on est une voleuse parce qu'on change la couleur de ses cheveux? Où en serionsnous, alors, mon Dieu:
LUCÎLE.
— Tu lui en veux, tu es comme les autres. C'est à en pleurer, tant le monde est méchant. Au revoir.
De Brives.
— Où vas- tu r
LuciLE. toute vitrante.
— Je vais prévenir Georges. On l'écoutera peut-être, lui: il ne laissera pas faire cette mauvaise action.
(Elle sort.)