‹ La mer glacée du pôle [microforme]Chapitre 66 sur 105 · SP OT PE VAE EC DE ECS ES · texte numérisé non relu

SP OT PE VAE EC DE ECS ES

Division du Nord, br Edw. Moss, John Thores, BOULEDOGUE, Th, Chalkley, Alf. Hendle, Tene, trahe. Will. Malley.

J. Berrie, Elias Hill, ( Elie Rayuer,

renvoyés malades.

er voyage, 3 au 1#Æ avril.

D 2'vovaue, 22 avril au 29 avril.

Auxiliaire du commandant Markhamn.

Deux fois au cap Joseph Henry, TS

M. Geo-\White, mécanicien, David Deuchars, James Solf, Th. Smith, ALEXANDRA., le. Cane.

Robert Joiner, \V, Hunt.

George Norris.

Auxiliaire du commandant Markham. | Au cap Joseph Henry du 3 au 14 avril et nombre d'autres petits voyages.

ATFIRAIL D'UNE EXPÉDITION A'TRAINEAUX. 215

NAVIRE DE SA MAJESTÉ, L'ALERTE

VOYAGES DU PRINTEMPS 1876 (Suilo),

M. 4, Wootton, mécanicien, Robert Joiner.

SR NE \V. Gore,

SULTAN. Thom. Suith, George Oakley, John Hodges,.

A imai au 20, 9 jours d'absence.

Traîneau à échelles; a transporté une senfaine de provisions pour la division du Nord,

Convoi de ravitaillement, 8 au 1% juin.

cap. Nares, Egerlon, Gonybeare, Wootton, White

Traiueau à hommes :

et huit hommes.

Traîneau à chiens: May, Moss et James Self,

ART A D RE LE I ANR ER COM AR GRADE ET O2 AN LOL A A NE PATTERN AUS APM LE ELA CLEMENTS MARKHAM, Lieutenant : G. L. C. Egerton. alias, Neils Christian Petersen, NELBIE OÙ ALERTE, John Simmons, Tang. je puis. Michol O'Regan.

42 mars au 16, voyage à la Découverte, 20 au 26 mars, et de la Découverte à l'Alerte, At an 4 avril.

Traversée au Groëntand, 410 où 48 avril, Traversée de retour Hanai au 9, Voyage à l'Ouest avec Foilden et Mitchell, AE au 24 mai. Sondages dans le canal de Robeson avec Mav, 27, 20, Au cap Union, 90 mai au 3 juin.

Ravitailement de la division Nord, 9 au 49 juin. Al chercher Les embarcations du 15 au 22 juin, Eu tout 64 jours.

Lieutenant? NVil, HE May.

CLEMENTS MARKHANM, James Self

fil desner \V. Malley.

NE AARDE PAU Frédérie-Esquimau.

ler voyage, à Lincoln Bay avec Feilden et Wootton pour chercher une

route de terre vers la Découverte, 2 avril au 4 mai.

voyage, au Groënland, du Æmaisan 9,

voyage, du 27 mai au 5 juin, avec le capitaine Nares Feilden et Egorton

# voyage, pour ravitailler Les traineaux de la division Markham, du 9 au 14 juin.

ù® voyage, pour ravituller les Henry, 47 juin au 26,

de 3e

Waincaux de la division 0, eap Joseph

Eu tout 55 jours,

CITAPITRE XX

“ Vous aviez coutume de nous dire que la nécessité est le creuset des esprits; les hommes vulgaires supportent Jes épreuves vulgaires, Lorsque la mer est calme, toutes les nefs peuvent voguer à voiles déployées. »

SHARSPEARE.

Le capitaine Nares avait depuis longtemps décidé qu'aussitoi que Ki bhumière Le permettrait et avant le départ des eorpagnies destinées aux explerations lointarnes, un traineau à chiens serait dépéché à la Découverte, qui hiveruait, nous Pavons dit, à plus de quatre-vingts kilomètres vers le sud,

A bord de notre conserve, on ignorait absolument notre position; nos amis ne savaient même pas SE ous avions trouvé un abri; depuis sept mois que nous nous étions dit adieu dans le havre de Ta Découverte, aucune communication n'avait pu s'établir entre nous. En dépit des dangers qu'offrait une semblable entreprise, il devenait urgent d'expédier au capitaine Stephenson un message qui le délivrèt de son anxiété à notre sujet ct l'informaät de nos plans d'exeursions, IFehoisirait à son (our d'autres routes pour nous aider à porter aux limites du possible Fétude des régions qu'on nous avait assignées

LE VOYAGE D'EGERFON ET DE RAWSON. 21% et accomplir tout ce qu’un groupe humain est capable de faire avec les ressources mises à notre disposition.

Le lieutenant Egerton reçut l'ordre de se préparer au départ; fawson, qui désirait vivement revoir son navire, demanda à Faccompagner. Leur traineau fut approvisionné pour une absence de dix jours. Si pendant celte période ils n'atteignaient pas la Découverte et se trouvaient à court de vivres, ils étaient autorisés à se ravitailler au grand dépôt établi Pautonmne précédent sur Ta baie de Lincoln, à moitié route eutre nos deux stations. l'etersen, l'interprète danois, leur fut adjoint en qualité de conducteur des neuf chiens de lattelage.

Par suite de la température très basse des premiers jours de mars, le départ fut remis au dimanche 12,

[faisait grand froid le matin; mais peu à peu le thermomètre s'éleva et parut décidé à se maintenir aux environs de — 34 degrés. La journée était claire ; le baromètre semblait assurer une continuation de beau temps ; on se hâte de terminer les lettres pour les camarades. Après le service divin, le navire hisse ses couleurs et au milieu des hourrahs maltipliés de toute notre troupe rassembiée sur le floe, Je traineau de Na Majesté, le € Clements Markham », son gai pavillon flottant à la brise, se met en route pour franchir les cinquante milles qui nous séparent de notre conserve.

Les deux ou trois jours suivants, nos pensées ne quitlérent point nos voyageurs; non que nous eussions de srandes inquiétudes en dépit du froid qui recomimençait, car nous avions pris toutes les précautions possibles pour préserver nos amis des températures les plus rigoureuses et notre confiance était entière dans leur adresse et leur jugement, Plus d'une prière silencieuse montait au ciel pour qu'ils nous revinssent avec dé bonnes nouvelles de nos chers compagnons.

Mais Le iréisième jour, ils retournaient tristement à bord avec Le pauvre Danois, étendu presque moribond sur son traineau, Pour raconter cette odyssée lamentable, Je ne saurais mieux faire que d'emprunter en partie le rapport d'Egerton.

€ Cinq heures ne étaient pas écoulées depuis notre départ, que Le froid nous pinçait terriblement: les gelures commençant à devenir sérieuses, nous nous décidûmes à camper; la nuit fut relativement bonne.

» Nous appareillons Le lendemain matin, la glace n'est pas trop mauvaise; mais à la halte du goûter, vers une heure de Paprès-midi, Petersen se plaint de crampes à l'estomac; nous Jui faisons du thé chaud. IE n'a aucun appétit; peut-être cela vaut-il mieux, car Le jambon réservé pour le repas est gelé si raide que, de nos dents, nous n'en pouvons entamer le maigre; nous reprenons notre route qui devient de plus en plus difficile ; la traction du véhicule nécessite de grands labeurs. Les chiens ne sont d'aucun secours sur les talus quelque peu rudes; ils se refusent absolument à grimper celui-ci, Petersen est incapable de tout travail; Rawson et moi trinions de notre mieux, Vers la fin du jour, notre pauvre cocher est tout à fuit malade: des frissons le secouent de la tête aux pieds; à chaque instant son nez est sur le point de geler; il faut le frictionner dix minutes au moins avant que la cireulation soit rétablie, Rawson se laisse Cfriser » plusieurs fois; pour mon compte, je n'attrape qu'une froidure,

» Dès que Ta tente est dressée, J'y expédie Petersen avec lordre formel de changer de chaussures et de s'introduire dans son sac de nuit pendant que nous préparons Île souper et prenons soin des chiens, Nous le retrouvons se plaignant de crampes dans le ventre et les jambes; il n'a pas suivi nos recommandations et s’est

LE VOYAGE D'EGERTON ET DE RAWSON, 219 «couché » les pieds mouillés. Nous le faisons rechausser; il boit un peu de thé et je lui administre quelques couttes d'ammoniaque; il parait se remonter...

» Le lendemain matin le vent est si froid et notre palient si faible que nous n’osons repartir. Petersen à eu une mauvaise nuit ; les crampes lont beaucoup tourmenté.….

» L'après-midi est pire encore; il grelotte, il frissonne de fout son corps; sa respiration est courte, Le visage, les mains, les pieds, ces derniers surtout, sont profondément gelés, 1 se plaint aussi du côté; après avoir rétabli la circulation nous le frictionnons avec des flanelles chaudes et je lui fais une ceinture avec un des grands cache-nez, L'état du malade nous paraît si grave, que nous nous décidons à ne pas continuer notre route; si le temps S'uméliore, nous retournerons au navire en toute hâte, »

Ne pouvant réussir à élever suffisamment la température de la tente, les deux officiers creusent un grand trou dans un amas de névé; ils v transportent les couvertures et le patient; Ta tente et le traineau leur servent de toit, puis, S'v introduisant à leur tour, ils se dépouillent de leurs propres vêtements pour en couvrir le imalheureux; ils placent ses pieds gelés en contact direct avec leurs corps afin que leur chaleur passe dans celui du malade, et cela jusqu'à ce qu'ils soient sérieusement pincés en divers endroits, Le pauvre diable allait de mal en pis; ilne gardait plus ni aliments ni boissons. «Vers six heures, il était fort bas, la vie paraissait Pabandonner; il se plaignait de douleurs aiguës dans le ventre et le dos. Nous le bassinons avec persévérance et dès qu'il semble mieux, nous Penveloppons dans toute chose non froide qui nous tombe sous lai main »; c'est-à-dire leurs propres habits, car ils S'oublièrent absolument dans leurs nobles efforts, Allumant Li lampe à esprit-de-vin,

ils finirent par faire monter leur thermomètre à — 13 deerés, mais €Fatmosphère de notre fosse devenait quelque peu épaisse, chose pourtant bien préférable au froid! Nous lui demandions sans cesse si ses extrémités n'étaient pas insensibles ; 11 répondait que non, mais avant de l'arranger € confortablement » pour Ha nuit, quel mot dans de pareilles circonstances ! nous examinons ses pieds et les trouvons absolument glacés, dureis, des orteils à la cheville. Chacun de nous en prend un et, munis d’un morceau de flanelle, nous le bassinons d'une main, Dès que celle-ci devient trop froide, nous la fourrons sous nos habits avec la pièce de laine, tandis que l'autre fonctionne à son tour. La lampe brüle et nous réchauffe, En deux heures on réussit à ranimer les pieds ; nous les replaçons dans des chaussures chaudes, puis éventrant le Çsac de nuit » pour donner un peu de large au malade, nous lentourons d’une couverture, Où passe alors aux mains qu'on emmaillotte ensuite de flaneiles par-dessus lesquelles on met les milaines; il boit un peu de thé, du rhum et de Peau qu'il ne tarde pas à vomir, Nous le trouvons mangeant de la neige, chose que je lui avais strictement interdite, Une autre fois, il essaye d'en reprendre et, pour ce faire, retire ses pieds de la couverture. Le lieutenant Hawson s’en aperçoit; il examine le malade : ses extrémités sont glacées comme devant; nous recommencons à bassiner, à frictionner; la circulation rélablie, nous le remettons dans ses couverlures..…., ainsi fut la troisième nuit, »

Harassés des labeurs des deux journées précédentes, ayant leur repas à euire, leurs chiens à panser, ces nobles jeunes gens transforment leurs heures de repos en une veillée anxieuse et se consument en efforts presque inutiles pour conserver une étincelle de vie dans Le corps de leur malheureux compagnon.

«Le lendemain matin, Petersen parait un peu moins mal; il vaut mieux le ramener au navire que de Pexposer à passer dans son trou une nuit comme la précédente : on le charge sur le traineau, et après avoir avalé un déjeuner tel quel, on se dirige vers Flocberg Beach. Distance, trente kilomètres, Mais c’est une question de vie ou de mort! Les chiens, se sentant sur le chemin du navire, trottent avec ardeur et n'ont pas besoin d’être stimulés par le fouet. La route pourtant est bien longue! Si lente est la cireulation du sang dans le corps affaibli du pauvre Danois, que son visage et ses mains blanchissent incessamment sous les morsures du froid; il faut souvent s'arrêter pour frictionner les parties atteintes... En arrivant au cap Noir, on descend Petersen du traineau, ef tandis que Fun de nous lui aide à tourner la pointe, l'autre retient nos coursiers qui, sachant qu'ils approchent du but, sont impatients de repartir et ne nous causent pas peu d'embarras. Après avoir dépassé le promontoire et bassiné le visage et les mains du malheureux, — au bout de quelques instants, le froid en a déjà repris possession, — nous le replaçons sur Le véhicule, Au cap suivant, même histoire ou pire encore : le traineau décringole et dans sa chute tourne deux où trois fois sur lui-même, avant de se planter fort et ferme au fond d'une fosse ! de vingt-cinq pieds. On le retire à grand'peine, les harnais terriblement emmèlés, L'un de nous se poste devant les chiens avec son fouet, tandis que l'autre s'oceupe à dénouer les traits; tout d'un coup les bêtes repartent au grand galop, frôlent en passant le Heutenant Rawson, me culbutentet me trainent sur [a neige pendant une centaine de mètres avant qu'on les puisse 1. Eu style polaire, nous appelions une fosse, Ettranchée creusée

entre un nas de neige et un hummoek ou une pointe de terre. Les parois en étaient souvent escarpées eL à pie.

arrôter, L'ordre enfin rétabli, et notre patient dûment frictionné et placé sur le véhicule, nous reprenons notre roule. Dans leur empressement d'arriver au navire, les chiens ne cessent d'enchevétrer leurs courroies ; on n'ose faire halte de peur qu'ils nous échappent, et nous n'avons pas une minute à perdre: il est urgent pour nous d'être déchargés au plus tôt de la responsabilité que fait peser sur nous l’état de notre infortuné camarade, Enfin, à six heures et demie du soir, nous atteignons le but, encore heureux que Petersen ait pu nous répondre quand nous lui avons dit que nous arrivions au logis. »

Pauvre Danois! c'était le dernier €logis » qu'il lui füt donné de revoir! Deux mois apres, ses restes étaient déposés sur le sommet d'une petite colline qui domine la scène de ce voyage funeste.

«de regrette vivement, ajoute Egerton en terminant son rapport, d’être ‘retourné au navire sans avoir porté votre message à la Décourerte. Fespére toutefois que ce que j'ai fait aura votre approbation; le danger que courait Petersen et Pespoir d'y porter remède nront seuls empêché d'exécuter vos ordres, » L'approbation? Certes, c'est plutôt Padmiration que les Anglais, st justement fiers des nobles actions de leurs compatriotes, ne marchanderont pas à ces deux jeunes officiers! Leur courage et leur abnégation brillent au premier rang parmi les faits d'héroïsime qui abondent dans Les annales polaires.

Qu'on se rappelle, en outre, que, pendant ce voyage, le soleil venait à peine de paraître et S'élevait encore à une très faible altitude; ses rayons ne donnaient pas une chaleur appréciable et Ta Tumière en étuit tout au plus suffisante pour permettre de marcher huit ou neuf heures par jour !

1. Dans de précédentes expéditions, certaines escouudes s'étaient mises en route dès le commencement de mars; mais le mars du

Le 20, cinq jours après leur retour de cette malheureuse course, les mêmes officiers repartirent, mais, cette fois, pour réussir complétement. Deux matelots Les accompagnalent avec un traineau et sept chiens, Après un rude voyage, rendu doublement pénible par le froid extrême et la nature tourmentée des glaces qu'ils eurent à traverser, nos amis montèrent enfin à bord de la Découverte, et S'ils en purent réjouir les hôtes par les bonnes nouvelles qu'ils Leur portaient, ils apprirent à leur tour que tout s'était bien passé pour les habitants de notre conserve,

Petersen parut d'abord se remonter; soigné par le docteur Colan avec autant d'affection que de science, il donna pendant quelques semaines un faible espoir de cuérison; mais l'épreuve avait été trop forte et Le LÆ mai ilexpira paisiblement. Hélas! la mort ne pouvait qu'être une délivrance pour cet iafortuné UT avait perdu une partie du nez et des oreilles, Bien plus, le docteur s'était vu contraint par la gangrène de lui amputer les deux pieds. Tant ces froidures sont choses graves! tant il faut les surveiller pour qu'elles n'amènent pas de désordres irrémédiables !

Les extrémités du pauvre Petersen, une fois pincées tout de bon, étaient devenues st froides que ses compasnons croyaient toucher de Paciers le simple contact avec elles Csaisissait » les doigts aussi rapidement que si on eût ramassé un morceau de métal.

Ce chapitre est assez mélancolique et se termine tristement; mais personne ne me reprochera d'avoir raconté en détail la noble conduite de nos deux camarades.

To* parallèle est bien‘différent du même mois au 82°; le soleil y franchit bien plus tôt l'horizon.

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