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qui n’ont pas même de peau. Les petits poumons extérieurs que montrent les annélides, les légers lilets nuageux que font flotter certains polypes, les cheveux mobiles et sensibles qui ondoient sous la méduse, sont des objets non-seulement délicats, mais attendrissants. Us sont de toutes nuances, Unes et vagues, et pourtant chaudes. C’est comme une haleiuQ devenue visible. Vous y voyez une iris pour ramusement des yeux. Tour eux, c’est chose sérieuse, c’est leur sang, leur faible vie, traduite ‘en teintes, en retlets, en lueurs changeantes, qui s’animent ou qui pâlissent, tour à tour aspirent, expirent... Prenez garde. N’étouffez pas la petite àme flottante, muette, qui pourtant vous dit tout, et livre son mystère intime dans ces palpitantes couleurs.
Les couleurs survivent peu. La pUqtait fondent et disparaissent. Eux-mêmes, les madrépores, ne laissent d’eux que leur base, qu’on croirait inorganique, et qui n’est pourtant que la vie condensée, solidifiée.
Les femmes, qui ont ce sens bien plus lin ([uo nous, ne s’y sont pas Irompces ; elles ont senti rniiriiscmeut qu'un de ces arbres, le corail, était
Digitir,
FLEUU DE SANG.
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une cliosc vivante. De là une juste préférence. La science eut l)eau leur soutenir que ce n’était qu’une pierre; puis, que ce n’était qu’un arbuste. Elles y sentaient autre chose.
« Madame, pourquoi préférez-vous à toutes les pierres précieuses cet arbre d’un rouge douteux? — Monsieur, il va à mon teint. Les rubis pâlissent. Celui-ci, mal et moins vif, relève plutôt la blancheur. »
Elle a raison. Les deux objets sont parents. Dans le corail, comme sur sa lèvre et sur sa joue, c’est le fer qui fait la couleur (Vogel). 11 rougit run et rose l’autre.
« Mais, madame, ces pierres brillantes ont un poli incomparable. — Oui, mais celui-ci est doux. Il a la douceur de la peau, et il en garde la tiédeur. Dés que je l’ai deux minutes, c’est ma chair et c’est moi-même. Et je ne m’en distingue plus.
« — Madame, il est de plus beaux rouges. — Docteur, laissez-moi celui-ci. Je l'aime. Pourquoi? Je n’en sais rien... Ou, s’il y a une raison, celle qui en vaut bien une autre, c’est que son nom oriental et le vrai, c’est : « Fleur de sang. »
Xoirc Muséum d’IIisloire naturelle, dans sa trop étroite enceinte, est un palais de féerie. Le génie des métamorplioses, de Lamarck et de Geoffroy, semble y résider partout. Dans la sombre salle d’en bas les madrépores, eu silence, fondent le monde de plus en plus vivant, qui s’élève au-dessus d’eux. Plus haut le peuple des mers, ayant atteint sa complète énergie d’organisation dans ses animaux supérieurs, prépare les vies de la terre. Au sommet, les mammifères. — Sur lesquels la tribu divine des oiseaux déploie ses ailes et semble chanter encore.
La foule ne regarde guère les premiers. Elle passe vite devant ces aînés du globe. Il fait froid, humide chez eux. Elle monte vers la lumière, vers tant de choses brillantes. Nacre, ailes de papillons.