‹ La mer J. MicheletChapitre 30 sur 48 · I.K HAni'ON · texte numérisé non relu

I.K HAni'ON

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leur souffle, à leur haleine humide. Dans cette longue, si longue obscurité, sur cette terre désespérée, stérile, vêtue d’impénétrables glaces, errent cependant deux solitaires qui s’obstinent à vivre le, dans l’horreur d’un monde impossible. L’un d’eux est l’ours pêcheur, âpre rôdeur sous sa riche fourrure et dans sa graisse épaisse, qui lui permet des intervalles de jeûne. L’autre , figure bizarre, fait l’effet, à distance, d’un poisson dressé sur la queue, poisson mal conformé et gauche, à longues nageoires pendantes. Ce faux poisson, c’est l’homme. Ils se flairent et se cherchent. Ils ont faim l’un de l’autre. L’ours fuit parfois pourtant, décline le combat, croyant l’autre encore plus féroce et plus cruellement affamé.

L’homme qui a faim est terrible. Armé d'une simple arête de poisson, il poursuit cette bêle énorme. Mais il aurait péri cent fois, s’il n’avait eu à manger que ce redoutable compagnon. II ne vécut que par un crime. La terre ne donnant rien, il chercha vers k mer, et comme elle était close, il ne trouva à tuer que son ami le phoque. En lui il trouvait concentrée la graisse de la mer, l’huile, sans laquelle il serait mort de froid, encore plus que de faim.

Le rêve du Groënlandais, c’est, à sa mort, de passer dans la lune, où il y aura du bois de

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