LE PÉTREL
Sur les landes désolfos, Avant- coureurs d'ouragans Passent en brusques vol<''es Des souffles extravagants Où les feuilles envoh'es Dansent des l'arandoh'es En caprices zigzaguants.
D'iHain gris la mer se hroclie.
Au fond rentre le poisson.
I/oiseau retourne ù sa roche.
Une lueur de glaçon Aux crêtes des flots s'accroche.
Et i>artout de proche en proche Court un étrange frisson.
Tout à COU)), un ^and silence 1 l'Ius rion au vert promenoir.
Dans l'azur un fer de lance Creuse un sinistre entonnoir.
Le \>Hvc\ alors sV-lance, Crie, un moment se balance, l'uis cingle droit au trou noir.
Seul dans l'étendue immense H aime à humer ce vent.
11 en a l'accoutumance.
11 iai»|)elle en le bravant.
Kt la bataille commence Entre l'orage en démence Et lui qui vole au-devant.
L'orage comme une boule
Le roule sans le saisir.
Dans ses doigts il glisse, il coule.
Il passe, il joue à loisir ;
Et de la céleste houle,
D'espace, d'air, il se soûle.
Le bec claquant de plaisir.
0 pétrel, loin du rivage Où nous gisons dans la paix. Loin de ce lâche esclavage.
Loin de ce sonnncil épais.
Nous que le repos ravage.
Emporle-nous donc, sauvajrc 'Jui d'ouragans te repais.
A (on ânic fraternelle Vont nos âmes de démons.
Nous nous sentons vivre en elle.
0 farouche, nous t'aimons.
Il faut à nos cœurs ton aile, L'éclair à notre prunelle.
Et l'orage à nos poumons.