‹ La merChapitre 22 sur 77 · LE PÉTREL · texte numérisé non relu

LE PÉTREL

Sur les landes désolfos, Avant- coureurs d'ouragans Passent en brusques vol<''es Des souffles extravagants Où les feuilles envoh'es Dansent des l'arandoh'es En caprices zigzaguants.

D'iHain gris la mer se hroclie.

Au fond rentre le poisson.

I/oiseau retourne ù sa roche.

Une lueur de glaçon Aux crêtes des flots s'accroche.

Et i>artout de proche en proche Court un étrange frisson.

Tout à COU)), un ^and silence 1 l'Ius rion au vert promenoir.

Dans l'azur un fer de lance Creuse un sinistre entonnoir.

Le \>Hvc\ alors sV-lance, Crie, un moment se balance, l'uis cingle droit au trou noir.

Seul dans l'étendue immense H aime à humer ce vent.

11 en a l'accoutumance.

11 iai»|)elle en le bravant.

Kt la bataille commence Entre l'orage en démence Et lui qui vole au-devant.

L'orage comme une boule

Le roule sans le saisir.

Dans ses doigts il glisse, il coule.

Il passe, il joue à loisir ;

Et de la céleste houle,

D'espace, d'air, il se soûle.

Le bec claquant de plaisir.

0 pétrel, loin du rivage Où nous gisons dans la paix. Loin de ce lâche esclavage.

Loin de ce sonnncil épais.

Nous que le repos ravage.

Emporle-nous donc, sauvajrc 'Jui d'ouragans te repais.

A (on ânic fraternelle Vont nos âmes de démons.

Nous nous sentons vivre en elle.

0 farouche, nous t'aimons.

Il faut à nos cœurs ton aile, L'éclair à notre prunelle.

Et l'orage à nos poumons.

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