LE MAUVAIS HOTE
— Du pain, du bourr', du cidre Doniioz m'en sans [tajor.
Car j'ai los bojaux pI la poclio vides (Ju'on les entend crier.
— Que le ciel le conduise A plus riche liôlolier.
Moi je ne vends pas do ma marchandise Sans bourse dc'-lier.
— Malgré voire avarice, Ayez un peu pilii'.
J'ai laiil l'uil, (le pas sur la route p;rise Oue j'ai <lu sauu: au\ pieds.
— Va-Ion jusqu'il la ville.
Tu l'y foras soiguor.
Moi. mou caliarol u'osl pas uu liospico l'our los prucuv saus souliors.
— Honlionimo à lôlo grise.
Le sort l)Oul mO vougor.
i'i'ut-i'lro avoz-vous qucKpio pari un fils Oui u"a riou à uiaugor.
— Mou fils ost il sa giiiso A lionl (l'un niorulior.
Depuis (|uarnulo aus (|u°il fait son sorvicc. Il ost au nioius sal.ior.
— Moi j'avais liieu mailriso llo uiaiiro liinonior.
.\lai~ j'ai fail naufrage cl mo ropayso. Saus maille cl sans Hcuicr.
— Va donc dans la famille T'y fair' ravilaillor.
L'argent qui le manque a passt^ au^ filles Je n'en suis pas banquier.
— C'est ici mon église.
J'en r'counais le clocher.
Depuis ipiaraule ans sur la mer jolie Je ne l'ai oublié.
MATELOTES 12
— Quarante ans, que lu dises !
Quarante ans sur la nié I
Quel est donc ton nom ? N'es- lu pas mou fils Dis-le sans plus tarder.
— Je n'eu ai plus envie.
Je ne peux plus parler.
Ah .' ma pauvre mer', s' elle était eu vie, Ne rcùt pas demandé...
El cœur cl ventre vides.
Mourut sur le pavé. Sans manger le pain ni boiic le cidre De sou père vcu\ier.
UN COUP D'RIOUIUUI
11 l'Iail deux matelots, mes jras.
IJui scii aliaiciiL sur les flots, nies gas. En «lisant : Nous re^ ieiiilroiis, mes gas Emplisse/, nos lioujaroiis Tout ronds.
Nous boirons.
El pas un n'est revenu, mes gas '.
Parti, ni vu ni connu, mes gas 1 L'Iiôlcsse, un coup d' riquicjui !
Ça rend les marins poilus D' boire à la sanlé d" ccu\ qui N" boit plus.
MATELOTES
11 était deux matelots, mes gas.
(Jui sont tombés dans les flots, mes gas. Eu disant : Nous chavirons, mes gas, Plus jamais nos boujarons Tout ronds Ne boirons.
Et depuis qu'ils ont coulé, mes gas, Pas un ne s'est plus soûlé, mes gas.
L'hôtesse, un coup d' riquiqui !
Ça rend les marins poilus D' boire à la santé d' ceux qui N' boit plus.
11 était deux matelots, mes gas.
Dont l'àmc errait sur les flots, mes gas. En disant : Nous qui sombrons, mes gas, C'est surtout nos boujarons Tout ronds Hue pleurons.
Kt c'est la raison |iourquoi, mes gas.
Buvez, ceux qu'ils ont de quoi, mes gas. L'holcssc, un coup d' riquiqui '. Ça rend les marins poilus D' boire à la santé d' ceux qui .N' boit plus.
TERUIENNE
Cliaulons aussi la vioillo Icrro '.
¥Mc a (lu bon.
De son ventre noir en charbon Sort le cidre qui désallôre.
Elle a du bon.
Chaulons la terre :
Chanlons aussi la vieille terre.
La mère au pain, l.a mère au chêne et au sapin.
Elle a SCS voix et son nixslOre.
La mère au pain.
Chantons la terre '.
MATELOTES
Chantons aussi la vieille terre
C'est la maison Où las du lointain horizon On repose en propriétaire.
C'est la maison.
Chantons la terre !
Chantons aussi la vieille terre !
Nos chers petits Auprès de l'àtre y sont blottis. Quand ils pleurent, son feu t'ait
Nos chers petits.
Chantons la terre ;
Chanlons aussi la vieille terre !
Elle a des fleurs.
Klle a do gais oiseaux sillleurs Uni font joyeux le plus ausière.
Elle a des fleurs.
Chantons la terre !
Chantons aussi la vieille terre !
Elle a Margot Ou'on baise à tire-larigot Sans passer par-devant notaire.
Elle a Margot.
Chantons la terre '.
lairp
Chantons aussi la vieille terre 1 Ccsl le grand lit
Où, mort, on vous ensevelit.
Qui dort là n'est pas solitaire.
C'est le grand lit.
Chantons la terre !
MATELOTES