CHAPITRE XVI
Le nouvel an. — Absence prolongée de Sonntag. — L'’aurore boréale, — Profondeur de la neige. — Étrange douceur de la température. — La mer libre. — Remarques sur l’évaporation. — Nous attendons l'aube avec impatience. — Mon renard apprivoisé.
1e" janvier 1861.
Les fêtes de Noël sont déjà oubliées et remplacées par de nouvelles ; nous venons de sonner à la fois le glas de l’année passée et la naissance de l’an de grâce 1861. Aussitôt que l'horloge marqua l'heure de minuit, la cloche du bord donna le signal et de la gueule de notre caronade une brillante flamme s’élança dans les ténèbres ; nos feux d’artifice sifflèrent et petillèrent dans l’air serein. A la lueur des fusées et des flammes du Bengale, projetant sur la neige une étrange et fantastique lueur, le bruit retentissant du canon et le branle de la cloche répétés par les échos des gorges avoisinantes ressemblaient aux voix des esprits de la solitude tirés en sursaut de leur repos.
J'attends avec anxiété le retour de Sonntag et de son compagnon ; druis sept jours déjà, je compte les voir arriver à chaque instant; je n’ai jamais pensé qu’ils trouvassent les Esquimaux à Sorfalik ou à Péteravik, mais voilà dix jours