CHAPITRE XVII
sant mon esprit du sentiment «le la mort universelle, proclamant la fin de toutes choses et annonçant l'éternel avenir. Je ne puis plus l’endurer : m’élançant du rocher où je m'étais assis, je fais lourdement crier la neige sous mes pieds pour écarter l'horrible vision; et le plus léger bruit courant dans la nuit, chasse le terrible fantôme.
Il n’est rien de plus effrayant dans la nature que le silence de la nuit polaire.
1. En regard de ces impressions, il est peut-être bon de placer celles que le D' Kane puisa dans des scènes identiques. (Trad.)
« …. Le firmament arctique a des beautés indescriptibles. Il semble si rapproché de nos têtes ! les étoiles y déploient une ampleur de rayonnement, et les planètes mêmes un scintillement à déjouer tous les calculs de l’astronomie, Je voudrais, mais je ne puis décrire quelques-unes de ces scènes de nuit; — alors que foulant le pont du navire, ou la glace d’alentour, il me semblait que la vie de la terre était suspendue, avec ses mouvements, ses bruits, ses couleu!s, toutes ses harmonies enfin; alors que plongé, des yeux et du cœur, dans l'abîme étoilé où les astres décrivent des cercles radieux autour d’un centre inconnu de lumière, — je venais à m’écrier humble et respectueux : « Seigneur ! quelle est la créature digne de te préoccuper ?.. Et que de fois aussi, ramené des profondeurs de l’espace sans bornes , sur notre pauvre terre , sur le sol natal, laissé derrière nous, avec ses constellations d’un autre hémisphère, j'ai laissé courir mes pensées vers les cœurs qui battaient là-bas à notre nom, jusqu’à ce que je me perdisse dans le souvenir de ceux qui ne sont plus; — et ceux-là m'entraînaient de nouveau dans l'infini des cieux. » (D' El. Kane, Arct. Expl., vol. II, p. 425-426.)
CHADITRE XVIII.
Absence prolongée de M. Sonntag. — Je me prépare à aller à sa recherche. — Arrivée des Esquimaux. — Triste nouvelle. — Hans et sa famille; — son récit.
Sonntag et Hans nous avaient quittés depuis un grand mois, et plusieurs jours de la lune de janvier s’étant écoulés sans nous les ramener, je commençai à être fort sérieusement inquiet. Ou ils avaient éprouvé quelque accident, ou ils se trouvaient retenus chez les Esquimaux par une cause impossible à déterminer. J'envoyai d’abord M. Dodge au cap Alexandre, pour constater, d’après leurs traces, s’ils avaient passé autour ou au-dessus du promontoire ; il put suivre les marques du traîneau pendant neuf kilomètres seulement ; depuis le mois de décembre, les glaces s'étaient brisées et avaient dérivé vers la mer. Il ne vit point de vestiges dans les passes du glacier, il nous fut démontré qu'ils avaient contourné le promontoire. Je me préparai à les y suivre avec une troupe de nos gens; si uous découvrions quelque empreinte sur la glace ferme au delà du cap, je verrais ce qu’il me resterait à faire; si nous ne trouvions rien, il n’y aurait plus à douter que malheur ne fût arrivé à nos compagnons, et je pousserais