CHAPITRE XXXV
L'été polaire, — La flore. — Dissolution des glaces. — Une tempête de pluie, de neige et de grêle. — Les terrasses. — L'action des glaces. — Soulèvement de la côte. — Intérêt que les icebergs et la glace de terre ont pour le géologue. — Une chasse aux morses, — Le 4 juillet. — Visite à l'ile Littleton. — Immense quantité d'eiders et de mouettes. — La débâcle. — Position critique du navire. — Nous prenons congé des Esquimaux. — Adieux à Port Foulke.
Le lecteur aura remarqué la transformation merveilleuse accomplie dans la nature depuis que les ombres de la nuit ont fui loin de nous. Se rappelant les chapitres qui racontent l'obscurité et le silence de l'hiver polaire, la tranquillité de mort qui règne dans les ténèbres sans fin, la disparition de toute créature vivante qui enléverait ses (erreurs à la solitude, il voit peut-être avec surprise le même paysage inondé maintenant de l'éblouissante lumière du jour, le désert se couvrir de verdure et se parer de fleurs, et l'esprit trouver partout des récréations nouvelles. Le passage de l'hiver à l'été est, sous ces latitudes, une veritable résurrection: la voix qui parle aux vents et au soleil et nous ramène la joyeuse clarté est la même qui disait de la fille de Jaire :
« Elle n’est pas morte, mais elle dort. »