CHAPITRE XXVIII
Départ de la troupe. — Encore des hummocks. — Avantage des chiens. — Nous campons dans une caverne. — Les ophthalmies.
— Nouveaux accidents. — Les caps Hawks et Napoléon. — La tempête. — La terre de Grinnell. — Découverte d'un détroit.
— Voracité des chiens. — Un triste souper. — Campement en plein air, — Prostration générale. — Nous touchons enfin la terre.
28 avril.
Ma troupe est partie ce matin ; la séparation a été fort émouvante : je n'ai jamais vu d'hommes en plus déplorable condition que mes pauvres camarades. Après les avoir accompagnés à une courte distance, et leur avoir tristement dit adieu, je revins à la hutte et me retournai pour les voir encore : ils s'étaient arrêtés, tournant leurs yeux vers nous, évidemment pour nous envoyer les trois hourras d'usage ; vaine tentative : leur faible voix s'éteignait dans leur gorge.
Bientôt après nous nous replongions dans les glaces; une terrible chaîne se dressait devant nous, et pour la franchir il nous fallut déposer une partie de la cargaison. Le traîneau de Knorr fut brisé et nous le raccommodâmes