‹ La mer libre du Pôle; voyage de découvertes dans les mers arctiques exécuté en 1860-1861Chapitre 205 sur 241 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

la perspective de la désolation qui s'étendra avant longtemps sur leurs pauvres habitations. Cet être singulier, mélange de gravité, de bonhomie et d'intelligence, s'enorgueillit des traditions de sa race, et semble être réellement affligé de la voir peu à peu disparaître. Aujourd'hui, quand je lui ai pris les mains pour lui dire que c'était la dernière fois que je descendais à terre, des larmes ont brillé dans ses yeux, et il m'a profondément touché en me disant d'une voix suppliante : « Reviens, pour nous sauver! «• Ah! certes, si je le puis, je reviendrai et je les sauverai, car, j'en suis sûr, aucun être de ce vaste monde ne mérite plus que ceux-là la sympathie et le dévouement des chrétiens.

14 juillet.

Un léger vent d'est gonfle nos voiles vers la mer. Nous marchons lentement, mais sans temps d'arrêt, à travers la glace disloquée. Des boîtes vides, des chiens morts, des, tas de cendres et autres débris de l'hiver voguent autour de nous sur les glaçons; reliques éphémères de nos dix mois d'hivernage. Les Esquimaux , debout sur la berge , nous regardent encore; le petit observatoire blanc s'évanouit dans le lointain, et je descends du pont avec un mélancolique : « adieu, Port Foulke! » sur mes lèvres et dans mon cœur.

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