INTRODUCTION IX
heureuse Vierge restera toujours au fond, comme notre titre l'annonçait, l'étude de la Mère de Dieu et de la Mère des hommes.
III. — Est-il besoin de prouver à des chrétiens, aux enfants de Marie suivant la grâce, combien haute et nécessaire est la matière que nous entreprenons de traiter. « Il ne faut pas croire, écrit un illustre théologien, que cette étude soit de peu d'importance et comme étrangère à la science sacrée. Pour moi, je n'en sais aucune, en dehors de la connaissance de Dieu et de son Christ, qui soit plus nécessaire et plus cligne d'un théologien. Quoi donc? On discuterait sur la nature des Anges, sur leur grâce, leur mérite et leur gloire, sur le ministère qu'ils exercent auprès des hommes ; et on ne donnerait pas une attention plus sérieuse encore, soit à considérer les privilèges de grâce et de gloire de celle qui est leur Reine, soit à connaître- la mission qu'elle remplit pour le salut du monde. C rtes, de ces deux études la plus noble, la plus doue la plus apte à nourrir la piété, n'est-ce pas sans comparaison la dernière? Ajoutons aussi qu'elle l'emporte sur l'autre quant à la certitude et quant à l'étendue : car, en partant des principes de la foi nous pouvons, avec l'aide de la raison, avancer plus loin et plus sûrement dans la connaissance de la Mère de Dieu que dans celle des esprits angéliques » (i).
Nous sera-t-il permis d'enchérir encore sur les pa-
(i) Fr. Suarez, De mysteriis vitae Christ i, in Praefat. C'est par cette réflexion que Suarez commença ses belles et solides recherches sur les privilèges de la Mère de Dieu.