Guide méd. des Antilles^ 26-3U
qu'avec les conditions particulières de leur organisation sociale et religieuse
a II est assez difficile de fixer d'une manière précise l'époque de l'apparition du flux menstruel chez les Ouoloves. Nous croyons cependant, d'après les observations qu'il nous a été donné de faire, que cette époque oscille en général entre onze et douze ans; à défaut de preuves nombreuses, directes, on peut dire, en faveur de cette opinion, qu'à cet âge les jeunes filles se couvrent du pendale et qu'elles laissent croître leurs cheveux, jusquelà rasés ou maintenus très courts. A partir de ce moment, elles ne se montrent plus nues comme dans l'enfance ; nous avons de plus acquis la certitude que le port du pendale coïncide avec Tapparition des villosités du pubis. » (De Rochebrune) *. Les preuves invoquées par notre distingué confrère en faveur de la menstruation des Ouoloves vers l'âge de douze ans peuvent tout aussi bien s'appliquer à l'apparition des phénomènes prémonitoires de la menstruation qu'à la menstruation elle-même. D'autres observateurs ont avancé que la menstruation s'établissait, chez la négresse, à la même époque que chez la femme blanche, et nous avons trouvé, dans un mémoire manuscrit des plus curieux*, la confirmation de ce fait, exprimé
2. Moras, Camp, de la frégate la Félicité à la Côte d'Afrique en 1790 (Bibliothèque de TÉcole de Brest).
avec une naïveté qui prouve toute la bonne foi de l'auteur : « Une observation bien étonnante, sans doute, c'est que la nature, si précoce dans les pays chauds, soit si tardive au Sénégal; les femmes ne sont ici nubiles qu'à dix-sept ou dix-huit ans; encore, à cet âge, éprouvent-elles à peine le développement de cette fonction ; c'est indubitablement à leurs seuls aliments qu'on doit en attribuer la cause. . . » Aux Antilles^ Levacher et S. Vel n'ont pas remarqué que la menstruation dififérât sensiblement chez la négresse et chez la mulâtresse de ce qu'elle est chez la créole et chez l'Européenne. La statistique de Roberton, comprenant 89 observations, recueillies par EUiot, Bowel, Nicholson, etc., donne comme Fépoque la plus habituelle de la première menstruation, chez les négresses, la période de quatorze à seize ans :
Age de la première Nombre des cas répondant
menstmatioB. à chaque âge.
11 ans 1
Chez la Ouolove, ajoute de Rochebrune, « la durée des règles est courte, la quantité de sang perdu relativement faible; en comparant la
moyenne de celle durée et de cette perle avec les mêmes phénomènes chez TEuropéenne , moyenne évaluée à 5 jours et 180 grammes, nous ne trouvons pour la Ouolove que 3 jours et 95 grammes; la différence en moins pour celle-ci est donc de 2 jours et de 85 grammes, durée et quantité notables. L'influence ethnique îoue là, nous le croyons, un rôle important, car l'Européenne dans les mêmes conditions climatologiques, est souvent affectée de métrorrhagie. » Nous demeurons sur. la réserve quant à ces conclusions, en raison de la difficulté d'apprécier la quantité du sang qui s'écoule pendant une menstruation, surtout chez des femmes souvent inintelligentes et fort peu soucieuses de se prêter à des observations rigoureuses.
D'après Stormont, la synoque éphémère serait fréquemment observée chez les négresses à l'époque de leur première menstruation K
Chez la Chinoise, d'après Morache *, la menstruation s'établit d'ordinaire vers treize ou quatorze ans : elle est régulière, mais très peu abondante. Les Mongoles de la Sibérie seraient aussi réglées vers Tâge de treize ans (Virey). Mais comment concilier ces faits avec les observations de Mon-