‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 46 sur 107 · Le placenta a été expulsé spontanément 141 fois · texte numérisé non relu

Le placenta a été expulsé spontanément 141 fois

rhôpital des femmes, à Galcuta, Stewart a noté : 171 accouchements naturels, 31 accouchements . hâtifs, 1 accouchement lent, 14 laborieux, 12 contre nature, 6 compliqués et 3 gémellaires. Dans une série de 41 accouchements, observés chez des femmes indigènes, par un médecin natif, élève du collège médical, et cité par Webb S on note, comme causes d'intervention : — 1 fois, l'excès de volume de la tète (perforation du crâne) ; — 1 , la présentation de la face (version) ; — 1,1a présentation des pieds (forceps); — 3, la présentation du bras (version) ; — 1 , un rétrécissement du bassin (perforation de la tête) ; — 3, la rigidité du col (saignée); — 25, l'insuffisance des contractions (injection d'une solution de sel marin, ergot de seigle, laudanum, 1 fois [perforation de la tête I); — 5, la débilité de la mère (ergot, forceps) ; — 1 , la rétention du placenta (ergot). On trouve aussi, dans l'ouvrage de Webb, des observations intéressantes d'accouchement prématuré sous l'influence de diverses maladies (dysenterie, choléra, fièvres paludéennes), de grossesses tubaires, de tumeurs éléphantiasiques des grandes et des petites lèvres ayant entravé la parturition, etc 2.

De la Chine et du Japon, nous ne possédons

2. Nous regrettons de n'avoir pu consulter la collection des statistiques annuelles des grands hôpitaux de Calcutta^ de Madras et de Bombay.

encore que des observations trop éparses pour qu'il soit possible de prendre aucune idée de la fréquence et de la nature des accidents dystociques en ces régions. Signalons, en passant, une curieuse particularité du travail, chez les Européennes qui résident au Japon : un grand nombre de couches, la plupart même, parmi elles, s'accompliraient à sec, c'est-à-dire, sans écoulement d'eau amniotique; il n'en résulterait d'ailleurs aucun inconvénient ni pour la mère ni pour l'enfant *.

Il n'existe aucun travail d'ensemble sur la dystocie dans la race nègre. Mais on trouve, dissiminés dan^ les livres et dans les journaux médicaux, des renseignements précieux, qu'il serait facile, aux médecins de la marine, de compléter. <r On peut observer chez les négresses, dit le D' Chassaniol, tous les cas de dystocie. Sans doute, . ces cas sont moins nombreux qu'en Europe, puisque le rachitisme est fort peu commun dans la race nègre. Mais les cas d'enclavement sont nombreux, ce qui est peut-être dû à la coutume de faire porter, par de très jeunes filles, des enfants dans une situation telle, que tout leur poids

1. Le docteur Elridge, auquel nous empruntons ce détail^ dit aussi que les Européennes de toqtes nationalités sont, au Japon, rarement capables de nourrir leurs enfants, quoique jouissant d'une excellente santé; on observerait parmi elles, assez fréquemment, le phénomène de la pseudo-menstruation ou d'un écoulement hémorrbagique plus ou moins périodique, au cours de la grossesse. {Notes on the dUeases of Europeans in Japan^ imp, mar, customs, med. ser., 1878, n"» 2, p. 70.)

tend à augmenter la saillie du bord antérieur du sacrum *. » Cette remarque d'un praticien qui a longtemps habité le Sénégal nous amène à parler de la cambrure lombaire observée non seulement chez les Ouoloves, mais encore dans un grand nombre de tribus de la côte occidentale d'Afrique. Nous croyons à l'existence de cette cambrure, qui est comme un premier degré de lordose, chez la plupart des négresses sénégaliennes, et nous l'attribuons à l'habitude qu'elles ont de porter les enfants sur leur dos, à cheval au travers des reins et presque assis sur la saillie des fesses , que la femme

projette en arrière, pour mieux assurer une base de sustentation au jeune être. Cette disposition doit se traduire anatomiquement par une exagération de courbure de la colonne lombaire, qui aboutit à une obliquité plus grande du bassin. Mais la saillie des fesses n'est pas, pour cela, due à l'insertion obUque du bassin sur la colonne vertébrale, comme le prétend Bérenger-Féraud * : le changement de direction qui porte la ceinture pelvienne en arrière n'a pas lieu dans l'articulation sacro-lombaire, mais dans toute l'étendue de la colonne lombaire. Nous ne voyons pas non plus , dans ce caractère acquis par une habitude invétérée et peut-être transmis héréditairement, la preuve que « la sta-

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