‹ La mère et l'enfant dans les races humainesChapitre 98 sur 107 · Mém. de méd. et de chir. mil.^ 3« série, VII · texte numérisé non relu

Mém. de méd. et de chir. mil.^ 3« série, VII

la malpropreté des Indiens, peut aequéfir des proportions effrayantes : ooi rencoatre des enfants dont la figure, la tête et le cou ne forment qu'une vaste plaie remplie de vers ; 2.^ l'echithyma infantile^ caractérisé par des pustules d'un volume irrégulier, les unes très grandes, à côté d'autres très petites, d'une forme circulaire, et entourées d'une auaéole d'un rouge plus ou moins vif ;3° l'eczéma, qui affecte le plus souvent la forme impétiginoide. Ces affections, qui dépendent souvent du travail de la dentition, de la faiblesse de la constitution, de l'insuffisance ou de la mauvaise qualité du lait et de la nourriture, sontici beaucoup plus cooimunes que partout ailleurs sur les enfants blancs, en raison de l'irritation ineessaSite qu'une peau fine et délicate éprouve sous l'influence des transpirations abondantes^ Mais une cause qui contribue aussi très souvent à leur pâpoduction est la gale (maladie d'une extrême fréquence parmi les Indiens).... Que la cause du carpang soit interne ou externe, le petit malade, sous l'influence des douleurs et des démangeaisons,, se gratte jusqu'au sang et transporte avec ses doigts, sur d'autres parties du corps, ce pus éminemment contagieux. Il perd le sommeU et r(iq)pétitî il maigrit^ et, pour peu qu'il soit racbitique on d'une constitutioa qm laisse à désirer, il ne tarde pas à succomber, après avoir offert, peu de temps avant sa mort,

une disparitioii complète de Téruption. La ^ie, lorsqu'elle s'éteint, abandonne ainsi graduellement les parties périphériques, pour se porter sur les organes centraux, ce qui met fin aux manifestations fluxionnaires de la peau. Mais les personnes étrangères à l'art ne voient dans le phénomène pathologique que la suppression acci- •dentelle du carpang et mettent la terminaison fatale sur le compte de cette prétendue rétrocession. . • 11 se produit quelquefois cependant des cas réels de métastase ; mais ils sont rares et doivent être imputés alors à une imprudente exposition aux variations de l'atmosphère, lorsque le corps est en transpiration, ou à un écart de régime, ou à un traitement répercussif inopportun. Le carpang commence ordinairement par les extrémités supérieures et inférieures, preuve à l'appui de son origine par transmission contagieuse des ayas (servantes), dont les parties découvertes et affectées de gale sont les mains et la ceinture. On sait qu'entre leur ravoukaiy corsage très court qui leur soutient la gorge, et l'attache du pagne, leur peau est à découvert, par côtés et par derrière, dans un -espace circulaire de plusieurs travers de doigt; la position de l'enfant, à cheval sur les reins de sa domestique, ou tenu aux hras de cette dernière, tend à repousser par en bas l'attache du pagne ei à mettre les divers points de ses membres

inférieurs en contact avec cette région, où se réfugient les dernières vésicules de l'acarus. La durée du carpang est assez longue, trois, quatre mois ou même plus, chez les enfants à la mamelle, moins prolongée dans la seconde enfance, parce qu'on peut empêcher l'enfant de se gratter et qu'on craint moins d'irriter la peau par des préparations antipsoriques plus eflBcaces. Il offre des alternatives d'atténuation et d'aggravation qui font dire aux . habitants que le mal revient trois fois. Ils admettent aussi qu'il est une conséquence forcée de l'allaitement par les nourrices indiennes. Si les enfants de ces dernières sont presque tous atteints de carpang, ce n'est pas à cause des qualités particulières du lait de leur mère, mais bien parce qu'elles n'ont aucun soin d'elles-mêmes ni de leurs nourrissons, auxquels elles transmettent, par contact, leurs affections cutanées. Rien d'étonnant que les enfants blancs, subissant le même contact, éprouvent les mêmes accidents. Du reste, ceux qui sont nourris par leurs mères contractent aussi cette maladie avec leurs domestiques indiennes. » Le traitement est nécessairement subordonné à la nature de la cause. Si la maladie a été occasionnée par le développement préalable de la gale, il faut tout d'abord traiter cette dernière au moyen des sulfureux, employés avec prudence chez les enfants encore à la mamelle, en raison de la susceptibilité

de leurs délicats téguments (on peut recommander des lotions, faites une fois par jour, avec une solution de sulfure de potasse au 1/100; vers trois ou quatre ans, on prescrira des onctions avec la pommade d'Helmerich mitigée au huitième, au quart ou à la moitié avec de Taxonge, les bains savonneux, alcalins ou sulfureux). Si la maladie est de cause interne, ou si elle a succédé à une gale préalablement traitée et guérie, on aura recours à une médication locale et à une médication générale. « La première, essentiellement émoUiente, comprendra ; les bains de son, les lotions adoucissantes tièdes avec de Teau de mauve, la décoction de graines de lin. Le D' Ainslie * préconise les fomentations faites avec le Sida populifolia {tootticelley), de la famille des malvacées. Pour calmer les démangeaisons et les douleurs, on se trouve très bien des onctions avec le Uniment oléo-calcaire légèrement belladone. Depuis longtemps, on se sert, dans le pays, d'un bon remède qui a la même composition et, par conséquent, les mêmes propriétés que ce Uniment : ce sont des coquilles d'oeufs écrasées et mélangées avec un corps gras, sous forme de pommade. Les moyens généraux se composent de laxatifs doux, manne, huile de ricin, magnésie; d'un changement de lait, si celui de la mère ou de la nourrice n'est

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