Mener n'est pas le mot propre
c'est la mort qui mène la danse.
I I . Imitation d'un charmant dialogue de Lucien.
Observation géncralc. On peut ilire de
celte description remarquable ce que l'auteur dit lui-même delà peinture d'Holbein : que c'est une poésie sublime et grotesque, et qu'elle respire une profonde douleur sous une forme gaie et railleuse.
Bossuet a aussi représenté la vie comme un intervalle entre deux abîmes : l'homme, poussé par une sorte de tatalilé, va de 1 un à l'autre sans s'arrêter jamais. Toutes les fois qu'il demande un peu de repos , cette fatalité le presse, et lui dit :
Marche ! Marche ! Cette idée sublime a quelque chose d'analogue à la danse des morts d'Holbein ; mais, dans Bossuet, ce sont des images grandes et terribles ; c'est un tableau grave et sérieux. Là, au contraire, les images sont grotesques ou plaisantes ; la vie est une danse folle dont l'abîme est au bout, c'est un galop infernal: le sourire s'arrête, quand on jette les yeux sur ce tombeau, seuil fatal où tous trébucheront en terminant ce bal étrange.