‹ La Mésentérite Sclérosante et rétractileChapitre 13 sur 19 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I. — BEexxam

Homme, 55 ans, marié, 3 enfants adultes, charpentier, a été empêché de travailler depuis 2 ans pour troubles de santé. En août 1894, se présente à l’auteur. Pendant très longtemps, boisson en excès, alcool, genièvre ; depuis quelque temps, davantage encore ; il y à 15 ans, une jaunisse. :

Ordinairement, envies de vomir ; ne prend jamais de petit déjeuner le matin ; jamais de vomissements et d’hématémèses.

Commence à être malade il y a 11 mois, son ventre augmente de volume ; lit les 4 derniers mois, léger traitement médical. Admis à l'hôpital, il y a 2 mois, avec une hydropisie énorme, mais refuse d'y rester plus d'une semaine. Vu par l’auteur pour la première fois le 16 août

Couché sur le côté dans le lit, émacié, cachectique, sans forces, l'esprit égaré, prononçant à peine quelques paroles compréhensibles, délire la nuit, agité. Langue rouge et sèche, lèvres saburrales, expectoration muqueuse teintée de sang, respiration bruyante ; la poitrine ne peut être facilement examinée, mais l’air semble rentrer facilement. Pas de râles, respiration non accélérée, cœur normal, pouls régulier (60). Peau froide, blême, mais pas jaune. Taches rouges aux extrémités. Pas de

circulation superficielle abdominale, abdomen énormément distendu, fluctuation ; le foie ne peut être senti. Scrotum œdémateux, léger œdème des malléoles, anorexie preque complète, urines rares, très colorées.

19 août. — Etat stationaire, mais semble plus maigre, plus atone, la forme du ventre change avec l'attitude au lit, l'empêche de se lever lui-même et provoque de la dyspnée ; urine et défèque dans son lit, à demi inconscient.

On décide une paracentèse pour prolonger le malade, sa vie ne pouvant durer ainsi quelques jours ; on ne peut le faire asseoir à cause du volume de son ventre ; il fut placé sur le côté du lit, les jambes sur le bord et le dos appuyé sur des oreillers, à demi-couché.

Trocart enfoncé à mi-chemin entre l’ombilie et le pubis ; aucun liquide, l'instrument n'ayant pas pénétré dans la cavité. Aspirateur, le liquide s'échappe, clair, légèrement rougeâtre ; on enlève 13 litres, sans que l’abdomen soit vide ; on constate alors des pulsations violentes à l'épigastre, évidemment communiquées par l’aorte abdominale.

Forme particulière de l'abdomen :en avant, une proéminen e entre l’appendice xyphoïde et l’ombilic, tandis qu'autour la peau est relâchée. A la palpation, grosse tumeur, irrégulière, d’une étendue considérable, avec gros nodules à la surface et sur les bords, rugueuse, bien délimitée, légèrement mobile, douloureuse à la pression.

La face antérieure semble sortir comme une grosse saucisse, profondément située, s'étendant du rachis à la paroi abdominale antérieure, plus haute que large, plus étendue-à droite qu’à gauche ; semble distincte du foie dont le bord inférieur ne peut pas être facilement délimité.

20 août : Mieux, peut se tourner, dort bien, pas de dé-

RL Le

lire, mais l'esprit et l'attention ne sont pas encore normaux ; mange un peu mieux, urine mieux.

91 août : Pas de nourriture depuis hier, dort jour et nuit. Meurt tranquillement ce matin.

Autopsie. — En ouvrant le péritoine, il s'échappe environ 3 litres d’un liquide semblable à celui de la ponction ; ni lymphe, ni pus. Intestin de couleur brune ou noire, le péritoine pariétal seulement décoloré par endroits ; anses nulle part adhérentes, mais plaquées les unes contre les autres, paraissant plus dures que normalement. Leur surface externe est sombre et a perdu son poli et sa douceur. Pas d’exsudation de lymphe.

Foie très contracté et aplati, parsemé de granulations, à contour irrégulier ; la capsule ne peut être détachée, quoique pas adhérente aux parties voisines ; à la coupe foie très dense et induré; lobules jaunes entourés irrégulièrement de tissu fibreux. Par places, disparition complète du tissu glandulaire.

Rate grosse ; capsule non adhérente, consistance ferme.

Pancréas gros et induré.

Reins normaux apparemment ; capsule épaissie ; congestion.

Mésentère remarquablement rétracté, plus court et plus épais en tous points, renferme une couche épaisse de graisse entre ses 2 feuillets, formant ainsi une masse de très solides plaques et rouleaux, attirant les anses intestinales vers la colonne vertébrale. Sur la surface se trouve l’épiploon, épaissi et de forme cylindrique. C'était évidemment cette extrême condensation du mésentère, mésocôlon et épiploon qui produisait cette masse par laquelle la pulsation était transmise à la surface abdominale durant la ponction, et avait été prise pour une tumeur lorsque le liquide avait été enlevé.

L'épaississement du mésentère s’étendait sur toute la longueur, le recouvrement péritonéal semblait aussi épaissi, de sorte que l'intestin était plus rigide et moins souple que normalement.

OBSERVATION II. — Rien

Homme, 37 ans. Constipation chronique. Signes de tumeur dans la fosse iliaque droite. Laparatomie. Rétraction du mésentère. La fin du grêle et le cœcum sont collés contre la paroi abdominale postérieure. Adhérences péritonéales, etc. Section des brides. \

OBSERVATION II. — Riener

Homme, 62 ans. Constipation chronique. Douleurs dans la fosse iliaque droite. Laparatomie. La fin du grèle est rétractée contre le rachis. Le mésentère présente des cicatrices blanchâtres.

Section des adhérences.

OBSERVATION IV. —— RrepEz

- Homme, 46 ans, ancien tuberculeux. Depuis 15 jours signes d’appendicite. Laparatomie. Mêmes lésions que

toi —

dans le cas précédent. Section des brides. Mort le sixième jour, d’embolie pulmonaire.

OBSERVATION V. — TÉNanI

Quatre mois après une opération de hernie étranglée, avec une guérison régulière, smptômes d'occlusion intestinale. Laparotomie exploratrice ; on trouve un paquet d’anses grêles collées contre le rachis fombaire. Le mésentère n’a plus que quelques centimètres de longueur. La lumière de l'intestin est oblitérée.

Résection de 1 m. 70 d'intestin grêle. Guérison.

OBSERVATION VI. — TÉnanr

À l’autopsie d'un individu mort d'hémorragie cérébrale, avec artériosclérose généralisée, n'ayant présenté aucun trouble du côté de l'intestin durant sa vie, on trouve 1 mètre d’anses grêles collées contre le rachis et le mésentère réduit à quelques centimètres de longueur, pas très épaissi, avec vaisseaux artériels et veineux, athéromateux et calcifiés.

Calibre de l'intestin très diminué. Muqueuse normale.

OBSERVATION VII. — TÉénanr

À l’autopsie d’un individu de 73 ans, mort de troubles urinaires et d’artériosclérose, on trouve, à l'origine du

jéjunum, une anse rétractée contre le rachis et présentant les mêmes lésions que dans le cas précédent.

OBSERVATION VIII. — n’Acosrino

Ténani signale un cas semblable observé par son confrère.

OBSERVATION IX. — Krynskt

Homme. Pendant 22 ans, attaques irégulières de constipation et de diarrhée. Douleurs abdominales. Augmentation de volume de l’abdomen.

L'auteur rattache ces smptômes à une inflammation chronique du mésentère, une sorte de cirrhose caractérisée par un développement exagéré dn tissu conjonctif.

OBSERVATION X. — MaucraIRE

Homme de 35 ans. Présente depuis son enfance des coliques intestinales avec périodes de constipation.

Deux crises d'obstruction intestinale, en 1917, puis en décembre 1919.

Lors de l'examen, en janvier 1920, la crise est passée.

À la palpation : masse grosse comme le poing, douloureuse, un peu en dedans de l’hypochondre gauche.

À la radio : calibre du côlon descendant très diminué ; angle côlique distendu à gauche.

Etat général mauvais, grand amaigrissement.

Diagnostic posé : tuberculose intestinale probable du

Are

côlon descendant avec épiploïte, quoique la masse soit nettement, en grande partie, en dedans du côlon descendant. à

Laparotomie exploratrice le 8 janvier. On trouve un paquet d’anses grêles du tiers supérieur du jéjunum, réunies par des adhérences, une anse énormément distendue comme un gros cæcum et étranglée dans une poche en nid de pigeon, formée par une très grosse bride péritonéale très épaisse, très résistante, partant du mésentère et allant se perdre sur le bord interne de l'angle côlique gauche. Le mésentère, à ce niveau, est épaissi, rétracté vers le rachis sur une longuer de 20 à 25 centimètres, il n’a plus, à ce niveau, qu'une hauteur de 4 à 5 centimètres. Des adhérences péritonéales d'aspect cicatriciel unissent les anses grêles en ce point. Au niveau de la terminaison de la grosse bride, les segments du côlon transverse et du colon ascendant sont réunis en canons de fusil par rétraction mésocôlique.

La grosse bride péritonéale est sectionnée et réséquée ainsi que les brides unissant les anses grèles ; celles-ci reprennent direction et calibre normaux, leur paroi n'est pas épaissie, ni blanchâtre. Pas de ganglions dans le mésentère, pas d’ascite ; partout ailleurs, péritoine sain. Péritonisation partielle au niveau des points réséqués. Fermeture de la paroi. Guérison.

OBSERVATION XI. — MaucrAIRE

Homme, 76 ans. Alors qu'il n’y a pas eu d'autre cerise antérieurement : occlusion intestinale, rétrécissement du calibre du grêle à sa terminaison et torsion de la derbière anse ; quand détordue, les gaz passent dans le cæcum qui était aplati.

SE

Mort 2 jours après l’opéfation sans être allé à la selle.

À l’autopsie, on trouve la dernière anse grêle diminuée de calibre et collée contre la paroi abdominale postérieure.

Le mésentère n'existe pour ainsi dire plus.

Le péritoine, qui plaquait l’anse contre la paroi abdominale postérieure, était un peu épaissi avec brides descendant vers le pelvis.

Le cæcum et la première partie du côlon ascendant sont plaqués contre la paroi postérieure.

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