VI' SIÈCLE. — SAINT-MARC DE VENISE
CHANCELS.
tés et séparés par une tige le long de laquelle ils semblent s’élancer.
IV. Chrisme au centre sur un fond d’entrelacs très-élégants, ornés de fleurons. Le panneau est encadré de mâles moulures et d’un gros tore de lauriers; tous ceux qui suivent semblent de dimensions correspondantes. (PI. CCXXVI.)
V. Rinceaux avec feuilles très-découpées, aiguës, au milieu dequels deux cerfs affrontés mordillent une branche ; un tore sculpté d’entrelacs forme cadre. La sculpture en est belle, énergique, supérieure aux empâtements des reliefs de la décadence. Chaque feuille, suivant la manière des artistes goths, a ses côtés vigoureusement accusés. Ces animaux venant goûter des fruits de l’arbre de vie sont très-convenablement placés sur des clôtures du chœur, comme nous l’observe Mgr Barbier de Montault. Le sanctuaire était un lieu fermé, réservé aux seuls purs, qui venaient s’y nourrir des fruits sacrés et participer aux joies d’un paradis anticipé. — Ces représentations qui se reproduisent en tant de lieux divers paraissent avoir cette signification. (PL CCXXVII.)
V I . Ce panneau est un des plus beaux de l’église ' ; d’un calice central sortent des tiges qui retombent en légers rinceaux ornés çà et là de fleurons. Le calice lui-mème est richement décoré et accosté de deux paons, l’un baissant la tète pour becqueter une fleur, l’autre la détournant, images sans doute des fidèles et des incrédules; devant eux deux petits oiseaux se tiennent au pied du calice. Ces reliefssont d’un grand style, qu'on juge bien vers le soir lorsque le soleil couchant vient friser la sculpture et en relève les moindres détails.
VII. Panneau orné de deux lions qui s’avancent vers une souche centrale d’où sortent des rinceaux qui s’enroulent au-dessus de leurs tètes; nous pouvons les comparer pour le style à ceux des chancels de Torcello. C’est le même faire et on y surprend des traits d’une étonnante ressemblance ; cadre d’entrelacs.
VIII. Deux chrismes avec encadrement de vigoureuses moulures. Ce panneau et ses analogues ont dû appartenir à des clôtures plus élevées, car les constructeurs de Saint-Marc ont été obligés de couper le bas du cadre. Lagrande arcade de la nef se termine ici.
IX. La petite arcade a pour parapet un panneau divisé en trois compartiments; des rinceaux dans
i. On en trouvera un détail gravé plus tard à l’article des Calices.
celui du centre et des animaux affrontés dans ceux des côtés.
X. Si nous traversons la grande nef, la petite arcade opposée nous offre un médaillon formé d’une double baguette circulaire encadrant un calice. Dans le bas du médaillon un nœud laisse échapper deux courroies qui vont porter leurs glands sous les deux croix ordinaires.
XL Le premier panneau de la grande arcade trèssimple nous montre une croix isolée dans un large cadre de moulures.