Galletti, Inscript iones romance, medii cevi, Pl.cccxxn
Nous avons dessiné à la Bibliothèque Barberina une plaque byzantine qui a peut-être fait partie d’une reliure de cette époque; les sujets dont elle est ornée sont consacrés à l’histoire de la sainte Vierge; on y voit au centre, sous une arcade, la madone debout, et tout autour dix sujets, empruntés à sa vie : la Porte dorée, la Nativité, la Présentation, deux fois Marie dans le Temple, l’Annonciation, la Visitation, la Purification, l’ange agenouillé devant Marie, la Dormition L
On conserve à Monza deux sacramentaires grégoriens du xe siècle.
Un tropaire de l’église d’Autun 2 nous offre un monument des plus curieux des livres liturgiques du xe siècle (Bibliothèque de l’Arsenal); il est recouvert par un ivoire du ne ou m° siècle, représentant une scène musicale : deux hommes écoutant une joueuse de lyre (o'Mq sur om 17); ce chef-d’œuvre, tombé dans les mains d’un faiseur de livres au xe siècle, a certainement excité l’admiration de ce temps, puisqu’il a tenu à en recouvrir un manuscrit précieux, orné de fines miniatures, mais il ne lui a pas inspiré un égal respect ; l’artisan n’a pas craint de donner deux traits de scie sur ce beau bas-relief, de façon à fournir deux morceaux pour les plats et un pour le dos du livre; l’image était intégralement reconstituée lorsque ce livre restait ouvert; mais on peut juger, lorsqu’il était fermé, l’effet disgracieux que cette mutilation produisait. Nous n’avons plus que les plats, le morceau du dos est malheureusement perdu. Ce monument nous montre le goût des reliures allongées. Nous ne nous plaignons pas trop de cet acte de barbarie, qui, non seulement nous offre un détail curieux des mœurs artistiques de l’époque, de ce mélange singulier d’admiration et d’irrévérence pour les œuvres antiques, mais qui nous a valu aussi la conservation d’un des plus beaux ivoires romains que nous connaissions.
Nous avons donné sur notre planche deux spécimens des miniatures qui ornent ce codex et de sa fine écriture garnie de neumes3. (Pl.CDLXIV.)
Nous avons parlé, à propos des calices, du tré-