Exposition de Cologne en 1876, n
Exposition de Dusseldorf en 1880, n° 969.
5. Voyez les calques de M. de Bastard à la Bibliothèque des estampes et les miniatures gravées aux costumes.
tradition antique pour la capsa , déjà signalée à l’époque mérovingienne, et que nous retrouvons ici dans les ateliers des orfèvres romans.
L’ornementation des livres ne semble pas s’être maintenue au xie siècle, en Orient, à la hauteur où l’avaient portée Constantin Porphyrogénète et Basile. Les miniaturistes tombent de plus en plus sous l’esclavage des manuels, et s’éloignent peu à peu des traditions que leurs premières oeuvres nous ont fait voir encore si vivaces. Ils commencent à déchoir de la perfection qu’ils avaient su atteindre un siècle avant; l’évangéliaire n° 74 de la Bibliothèque nationale, qui est certainement un des plus riches du xie siècle1, accuse cette décadence ; les miniatures, malgré leur finesse, n’ont plus les qualités que nous avons précédemment signalées, elles s’éloignent chaque jour de l’art antique pour adopter des formes de convention où le métier remplace l’art.
Les peintres grecs aimaient laisser leurs noms sur leurs œuvres; chaque miniature du fameux ménologe du Vatican est signée.
1. Le manuscrit grec 5q3, au milieu même de la perfection, montre dans ses fines miniatures la timidité des artistes qui préfèrent les petites dimensions.
LIVRES LITURGIQUES
Un psautier de la Bibliothèque nationale offre ces lignes du calligraphe : « Ce psautier a été écrit « de la main de Démétrius, prêtre, terminé le « trente mai, lundi, à la troisième heure, l’an 6567, « de Jésus-Christ io5y, indiction douzième. Vous « qui lirez, priez pour lui, à cause du Seigneur. » Cette attention de marquer, non seulement le jour, mais jusqu’à l’heure, indique naïvement la préoccupation du calligraphe qui a mené son labeur avec constance, quelquefois durant de longues années, et qui, enfin au terme, accueille avec joie l’heureuxinstant où il va mettre la dernière main.
XIIe SIÈCLE.
L’usage antique des rouleaux se conserva dans le moyen âge pour le chant de l’Exultet. On ignore l’origine de ce chant qu’on fait remonter soit à saint Ambroise, soit à saint Léon, soit à Prudence1, mais il est certainement antérieur aux rouleaux qui se multiplièrent surtout au xne siècle.
Un des plus anciens semble celui de la collection d’Agincourt et daterait du xie siècle. Il est reproduit dans son ouvrage (V. PL LIII.)
Nous en avons calqué à Pise2 un autre, qui doit provenir delà collection de livres liturgiques réunie sans doute au moment de la consécration du dôme par Gélase II en 1 1 18. (PL DXLVII.)
Je ne propose pas ces nombreuses miniatures comme œuvres d’art; elles offrent un travail d’une barbarie incontestable et de simples traits incorrects avec de légères teintes plates, souvent presque effacées par le temps ; l’ocre, le vert, le pourpre dominent et sont appliqués sans à-propos.
L’exultet du British Muséum, encore bien barbare, paraît cependant d’une époque plus