DA DEUS IN REBUS QUOD SUM1TUR IN SPECIEBUS
Douze lobes rayonnent autour, renfermant chacun un buste d’ange adorateur. Nous retrouvons ici la même pensée qu'au disque de Coulmiers, exprimée presque de la même façon, et nous montrant les anges autour du Sauveur. (Voyez Patènes.) Le bord de la patène est orné de quatre médaillons renfermant les attributs évangéliques, reliés par un rinceau. (PI. CCCXX.) Tous les ornements de la patène sont dessinés en nielle. Nous devons communication de ces précieux objets à M. le docteur Schneider, qui nous en a fourni les photographies.
Un des calices allemands le plus souvent reproduit est celui de l’abbaye de Weingarten en Souabe, qui fut publié d’abord par Gerbert 1 ; on y lit autour du pied le nom de l’orfèvre :
-f- MAG1STER CUONRADUS DE HUSE ME FECIT
Cet orfèvre était encore imbu des grandes traditions symboliques qui devaient de plus en plus disparaître à mesure que l’art sortit des cloîtres et devint moins raisonné entre les mains ignorantes des laïques. Il disposa sur le pied les scènes bibliques concernant le Déluge , le Serpent du désert, les Verges d'Aaron, O f as frappé de la lèpre pour avoir voulu supplanter les ministres légitimes du sacerdoce ; et dans les tympans inférieurs, les quatre fleuves mystiques versant leurs urnes au milieu de ces figures pour les animer; au-dessus, sur le nœud, une suite de médaillons de saints, et enfin, sur la coupe, la réalisalion des images prophétiques, c’est-à-dire Bethléem, le Jourdain et les quatre Évangélistes.
i. Vêtus liturgia alemannica, 1776, pl. III.
D’Agincourt, Sculpt., XXIX, p. 28.
Labarte, I, 405.
P. Cahier, p. 257.
La patène porte au sommet la figure de Notre- Seigneur, tenant le livre des Ecritures, dont il est lui-même la clef; au centre, il reparaît sous la forme de l’Agneau triomphateur, qui a brisé les sept sceaux du livre mystérieux et dont nous devons manger la chair, pour avoir part à la joie éternelle ; il est entouré de ces paroles : agnus Del panis vivus. A droite, Abel présente le premier sacrifice; en bas, Noé immole les prémices des animaux qui survivent au cataclysme ; en face d’Abel, paraît Melchisédech dont le sacerdoce est montré par David comme le type de celui du Sauveur; aussi lui fait-on élever le calice pour mieux rappeler la messe.
Didron a gravé dans les Annales archéologiques 1 un calice allemand qui n’a pas d’autres ornements que des végétaux et des feuilles fortement refouillées ; il n’a pas moins de om2i au diamètre supérieur.
Dans les riches trésors d’Allemagne nous pouvons citer encore plusieurs calices que Weerth a publiés 2 ou qui ont figuré à l’exposition de Munster3. (Pl. CCCXX.) Sous la rubrique d’Altenberg- Emmerich, il donne un riche calice de vermeil que cet auteur attribue au milieu du xne siècle ; il a la coupe unie et cinq médaillons sur le pied, qui renferment un crucifiement et les quatre symboles évangéliques. La patène, ornée de rinceaux tout autour, est garnie de six lobes 4.
On conserve à Wilten, près d’Inspruck en Tyrol, un calice d’argent que nous avons gravé (Pl. CCCXIX), d’après une photographie communiquée par M. Karl Lind. Il a été souvent reproduit; nous avons cru néanmoins devoir le faire figurer dans notre collection, comme un de ceux qui rendent de la façon la plus complète l’inspiration qui présidait alors en Allemagne à la labrication des calices. Il se compose d’une coupe hémisphérique garnie de deux anses, d’un nœud aplati et d’un pied très évasé. L’inscription suivante est gravée sur les bords de la coupe :