‹ La messe (volume 4)Chapitre 239 sur 335 · ARMOIRES DE CALICES. — TRESORS · texte numérisé non relu

ARMOIRES DE CALICES. — TRESORS

Devant cette décadence artistique que provoquèrent la révolution religieuse en Occident et l’appauvrissement de l’Eglise en Orient, il est temps de clore ces études qui n’ont d’autre but que de rappeler les belles époques de l’orfèvrerie chrétienne et de hâter son retour, déjà entrepris, vers les traditions primitives. Avant de finir ce mémoire et d’en résumer les principaux traits, nous devons ajouter quelques mots sur la manière dont nos pères conservaient leurs vases sacrés ; le soin, la vigilance qu’ils y mettaient, la beauté du ga\ophilacium forment une des meilleures preuves de l’honneur dont ils les entou-

raison de cette pauvreté réside dans les pillages que les musulmans leur ont fait subir. — Au vu6 siècle, avant la conquête, elles étaient excessivement riches en vaisseaux d’or et d’argent, en joyaux, en somptueuses broderies, mais rien ne subsiste de ces biens. »

1. L’Amhara est la partie de l’Abyssinie située vers les sources du fleuve Bleu.

MESSE

iv — iy

CALICES

raient, et doivent être signalés comme de grands souvenirs et comme un grand exemple.

Dans la primitive Église, surtout durant les persécutions, il est probable que les vases sacrés étaient confiés à des particuliers et considérés là comme plus à l’abri. Saint Laurent fut sommé de livrer les trésors dont on lui supposait la garde ; Siméon Métaphraste raconte, dans la vie de saint Cyriaque, que ce saint prêtre eut pendant dix-huit ans la garde des vases sacrés et du trésor de l’église1. C’était une vierge, à la prise de Rome par Alaric, à laquelle on avait confié ceux de saint Pierre.

Il est certain qu’après la paix, les basiliques eurent auprès du sanctuaire un lieu spécial réservé pour cet usage. L’ordo romain nous apprend qu’après l’offertoire, le premier diacre allait chercher le calice, la patène et le corporal, dans le paratorium.

M. Texier2, parlant de l’église de Thessalonique d’Eski-Djouma, a remarqué au bout de l’aile gauche une niche de 2mqo sur 1 m2 5 , ornée de deux colonnes courtes et massives, qui a pu servir de réceptable aux vases sacrés. Il nous dit aussi que dans la même ville, dans l’église des Saints- Apôtres, à droite, au fond, on trouve une petite salle carrée qui avait cette fonction3.

Dès le commencement du iv° siècle, on cite le trésor de Carthage; l’église de Cirta, l’église de Tibur avaient des richesses qui prouvent implicitement l’existence d’un lieu sûr pour les contenir. Le quatre-vingt-treizième canon du ive concile de Carthage (399) défend d’introduire dans le gazophylacium des personnes peu sûres. Saint Chrysostôme raconte le sacrilège des soldats qui envahirent son église et pénétrèrent jusqu’aux lieux secrets où se conservaient les vases sacrés1.

Possidius, dans la vie de saint Ambroise, parle du gazophylacium et secretarium où l’on prenait les choses nécessaires au service de l’autel.

Les édifices fournissent quelques indications. Dans les églises pourvues de riches trésors, on devait construire une salle spéciale appelée diaconique. Les plans de l’ancien Saint-Pierre accusent

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