‹ La messe (volume 4)Chapitre 241 sur 335 · CALICES. — TRESORS · texte numérisé non relu

CALICES. — TRESORS

« bus sacerdotalibus in mundo loco sub sera re- « condantur »

Au ixe siècle, il semble qu’on ait quelquefois cherché à mettre les vases sacrés à l’abri en les déposant dans un vaste bassin suspendu hors de la portée; la Bible de Charles le Chauve nous a offert dans ses miniatures la représentation de cette singulière manière.

M. Texier rapporte qu’il a vu à Saint-Bardias de Thessalonique (987) deux chapelles ayant servi à la conservation des vases sacrés.

Le P. Martinoff nous a montré, dans une publication de M. Prokoroff, un dessin représentant une tour hexagone surmontée d’un toit pyramidal. Chaque face de cette tour est pourvue d’une niche dans laquelle est exposé un calice; ne faut-il pas voir dans ce meuble du xie siècle l’image d’un de ces trésors que nous recherchons en ce moment?

Dès les vie et vne siècles, les trésors des abbayes de Saint-Germain des Prés et de Saint- Denis durent avoir des salles spéciales pour les contenir Celui de Saint-Denis était une grande salle de 36 pieds carrés et haute de 20 pieds. La voûte était soutenue au milieu par une colonne de marbre; tout autour les vases sacrés étaient enfermés dans des armoires dont le thesaurarius avait une clef; le grand-prieur, le sous-prieur et le chantre en avaient aussi une chacun; elles étaient toutes différentes, pour plus de sécurité.

Le trésor de Saint-Germain des Prés se trouvait dans la sacristie. Quelquefois le trésor était dans une crypte souterraine; ailleurs, comme à Metz ou à la Sainte-Chapelle de Paris, il pouvait être exposé à tous les regards, au fond du sanctuaire. Dans ce cas, des armoires très solides et bardées de fer assuraient la sûreté des objets précieux1 2.

La cathédrale de Paris avait son trésor au-dessus de la sacristie. Souvent les trésors étaient pratiqués dans l’intérieur même de l’édifice. On voit encore à la cathédrale de Reims, dans le bas-côté du bras de la croix septentrional, le trésor entresolé, grillé, qui renfermait les beaux objets que possédait le chapitre de cette église. A la cathédrale de Rouen, dans celle d’Evreux, le trésor

1. Ex conc. Remensi, ap. Burchard, lib. II, c. 97. (Gerbert, Liturgia, I.)

Page 1