Lib. pont,, p
VIe SIÈCLE.
L’usage d’entourer [les 'patènes de pierreries remonte, comme on le voit, à une haute antiquité; il est donc possible que celle de saint Martin fût ainsi ornée, comme semble l’indiquer la mention qu’on en fait dans un inventaire de Troyes :
« i5° La patène , faite à l’instar de celle dont se servit saint Martin, qui est d’argent doré, de sept pouces de diamètre, poussée, dans le milieu, en tulipe ouverte, dont la bordure est garnie de pierreries, savoir : trois saphirs, six grands grenats, quatre petits, deux émeraudes, trois petites pierres vertes, trois turquoises, trois pierres d’un bleu obscur, deux petites améthystes, une petite topase, deux pierres, une pierre bleue gravée en cachet 1 ».
Une patène d’or pesant 2 5 livres, c’est-à-dire au moins 8 kilos, suppose une grande dimension; aujourd’hui un plat d’argent de om29 de diamètre et de omo3 de profondeur, pèse 5oo grammes2.
Epiphane, évêque de Constantinople, en 520, envoie au souverain pontife des présents, parmi lesquels une patène d’or : « par des hommes très « vénérables, lui écrivait-il, nous envoyons pour « le culte divin, pour votre sainte église aposto- « lique, un calice d’or, entouré de gemmes et une « patène d’or 3.
Les monuments qui nous restent de ces temps reculés sont aussi rares qu’incertains; nous les 1 mentionnons cependant, car si leur origine n’est pas pour eux-mêmes liturgique, ils peuvent nous j rappeler la forme et l’ornementation de vraies patènes.
Le disque d’argent trouvé à Pérouse en 1717 ! est du nombre. Son inscription, qui le rapproche du calice de Lamon, autorise à croire qu’il n’était pas étranger au sanctuaire. Fontanini 1 pense qu’il faut le ranger dans la catégorie des gabathœ qui ressemblaient aux assiettes de table