Renseignements donnés par M. Poyet
XVIe SIECLE.
par ses descriptions que les étoffes sarrasines, ou du moins leurs imitations, qui durèrent beaucoup plus longtemps que le monopole sicilien, servaient encore dans la confection des chasubles. Nous y voyons mentionnés « in casula rote in « campo cum griffonibus in medio rotarum » : un ornement, donné en i3q2 par le cardinal Nicolas de Besse, noir, avec des oiseaux et des bêtes dont les têtes et pieds étaient de fil d’or. Et encore : « Duas casulas rubeas quarum una est tota rubea « et altéra cum griffonibus deaurata. » Nous y trouvons aussi des sujets de chasse qui indiquent un autre style et l’indépendance de composition des nouvelles fabriques : « Casula habet campum « viridem et rotas in campo et in medio rotarum « homines equitantes portantes falcones in mani- « bus1. »
On peut se rendre compte sur les peintures des manuscrits de l’ampleur que conservaient encore les chasubles du xive siècle2. Les orfrois sont de médiocre largeur et perdent de leur importance.
Les fonds, ordinairement unis, sont aussi parfois avec dessins. Le manuscrit de l’Arsenal 52 1 6 (f° 1 1 5, verso), nous montre des raies transversales enrichies de dessins. Les étoffes à raies, si longtemps proscrites, sont alors tout à fait adoptées dans la liturgie. Nous avons copié à Bruxelles une miniature du xive siècle qui nous présente une chasuble rayée et avec pois dans les intervalles. (Ms. 9217.)
Les étoffes avaient aussi des ornements d’un meilleur goût que cette dernière, témoin le Livre d’heures d’Arras (5 1 5 , f° 39, verso)2; elles étaient quelquefois semées de rosaces4.
A l’Exposition de Londres, en 1881, M.Flower avait envoyé une chasuble de la deuxième moitié du xive siècle (n° 12 du catal.); on voyait sur l’or-
1. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, V, 328.