SANC. APOLLINARIS. SANC. MARTINUS
— A l’intérieur se trouve un tube cylindrique fermé par le bas, auquel se rattachent six lames d’argent qui rayonnent autour et forment autant de compartiments ; il y avait là six petites lames d’or irrégulières portant le nom des saints aux reliques desquels elles étaient attachées ; un cylindre d’or renfermant une petite fiole de verre, une cassette d’or dont le couvercle est orné d’une croix d'émail, etc. Le couvercle du cylindre où se firent ces belles découvertes porte en ciselure l'image de la Sainte-Vierge avec le Sauveur sur ses genoux. La Madone tient une croix, elle a un nimbe chrismé, elle est assise sur un trône en forme de lyre 2.
Lacassette elliptique est couverte de ciselures, sur le dessus est figurée une croix gemmée, plantée sur la montagne et accostée de deux agneaux qui la regardent. Ce couvercle était attaché par une charnière d’argent et se fixait par un pêne entrant dans une gâche. Tout autour on voit une série de bustes de saints que désignent sans doute les inscriptions qu’on lit au-dessus : -(- sanctus cantius santianus sanc-
TA CANTIANILLA SANCTUS QUIRINUS SANCTUS LATINU.
Celle de dessous indique les noms des donateurs :
-f- S LAURENTIUSVSIOANNISVSNICEFORVSS ANTIS RED-
dedibotvm. — Elle doit se lire ainsi : « Laurentius « vir spectabilis, Ioannis vir spectabilis, Niceforus « sanctis reddidit botum. » — La première de ces cassettes de forme circulaire appartient, selon M. Kandler, conservateur des monuments de Trieste, au ve siècle; elle aurait été déposée à Grado par Nicetas d’Aquilée en 452. La cassette elliptique serait du temps du patriarche Élie qui embellit la basilique de Grado en 568.
M. de Villefosse possède un fragment de cassette
qu’il nous a montré et sur lequel est gravée la mémoire des saints dont elle contenait les reliques.
Toutes les églises n’avaient pas les ressources suffisantes pour envelopper les reliques de leurs autels dans de riches cassettes, et souvent elles étaient obligées de se contenter de poteries et de vases de terre cuite ou de pierre. Nous en avons déjà cité un exemple à propos de l’autel de Scossacavallo ; il est facile d’en offrir d’autres.
On retrouva à Lyon f, au xme siècle, sous l’autel de la Sainte- Vierge, un vasede pierre contenant du sang des martyrs, ailleurs, un vase de bois avec du sang de saint Polycarpe ; un morceau de parchemin désignait le lieu de dépôt des reliques de saint Peregrinus.
Une urne de marbre blanc, sous l’autel de S.-Giovanni-in-valle 2, contenait une autre cassette de bois et celle-ci une troisième en métal où se trouvaient les reliques. La face principale de ce marbre figure un édicule, deux pilastres aux angles soutenant une table ornée sur le champ d’une tige de pampre. Entre les pilastres est un petit ordre d’architecture avec fronton au milieu et deux arcades ornées de coquilles de chaque côté. Sur le flanc gauche de l’urne on voit un calice sur lequel se reposent deux paons, sur le flanc de droite une couronne encadre une croix ansée, accostée de deux colonnes où posent des colombes 3.
Le P. Garrucci parle d’une autre urne à reliques qu’on trouva dans la démolition d’un antique autel à Cannes près de l’Ofanto ; en avant une légende y signalait les reliques de saint Laurent martyr 4.
M. de Saulcy 8 a dessiné une cassette trouvée à Hébron; elle est longue de om 33, large de om 23, haute avec son couvercle de om 33. L’intérieur est divisé en trois petits sépulcres. Le couvercle, en forme de toit, est orné d’acrotères aux angles et d’une croix équilatérale sur les quatre côtés.
J’ai dessiné dans la cour de la bibliothèque ambroisienne, à Milan, une cassette de marbre blanc