RELIQUES D’AUTELS
APVT GERVNDAM CLAVIBVS TRANSFIXI MARTIRIVM PASSI (sic).
Ces monuments, dont nous n’aurions pas de peine à citer un plus grand nombre, ne sont pas les seuls documents que nous puissions offrir pour éclairer la découverte faite à Rimini ; les monuments écrits abondent encore davantage. On a dit 1 que le dépôt des reliques sous l’autel n’était pas d’une prescription absolue et on se fonde à cet égard sur la rubrique d’un ancien missel : « Si reliquiæ non fuerint in altari, omittaturilla particula orationis, quæ dicitur post confessionem. » Cependant nous voyons déjà le concile de Carthage réagir contre cette négligence et ordonner la démolition des autels dépourvus de reliques : « Nous désirons que les autels disséminés dans les « champs ou sur les voies publiques qui ont été éle- « vés à la mémoire des martyrs, mais dans lesquels « on ne peut trouver le dépôt d’aucun corps ou reli- « ques soient, s’il est possible, renversés par les « évêques qui président à la contrée 2. »
Saint Grégoire de Tours, qui vivait à l’époque à laquelle nous attribuons notre autel de Rimini, ordonna qu’on mît surl’autelde saint Martin les reliques qu’un imposteur nommé Didier disait être des martyrs saints Vincent et Félix et qu’il avait rapportées d’Espagne. Rien de plus intéressant ni de plus circonstancié que les détails qu’il nous fournit sur les cérémonies de l’insertion des reliques. On s’y préparait par une nuit passée en prières, on bénissait l’autel et on y transférait les reliques couvertes de voiles, portées sur un brancard, au milieu d’un cortège solennel de clercs vêtus de blanc, portant des croix et des cierges, de laïques illustres et d’une foule innombrable 3.
Il rapporte que dans une église, alors construite en bois, on avait renfermé dans une cassette d’argent les reliques de l’autel : « Quidam religiosus très capillos « cum ipso sanguine levavit et in capsaargentea recon- « ditos in ecclesiam ligneis constructam tabulis apud « Thigernum castrum urbis Arvernæ in altari sancto « locavit *. »
Notre grand historien nous apprend que les ossements sacrés étaient soigneusement attachés avec de