LXVI
Virgo Maria Dei genitrix, hæc aula résultat Ecce tibi, et tota fulget honore luo.
Virginibus præsens sacra hæc decoratur et ara,
Candida virgo simul atque Pudentiana.
Un titre de dédicace nous apprend lui-même qu’il était inscrit entre des séraphins, ornant sans doute les angles de l’autel. Ce genre de décoration était trèsrépandu au ixe siècle ; nous en avons entre autres un exemple dans le ciborium de Saint-Pierre de Rome décrit par le livre pontifical.
Au-dessus de la châsse qui contenait les restes de saint Boniface qu’on avait rapportés de Frise à Fulda, Raban fit construire un monument où il inscrivit quatre distiques : « Après que Boniface, le doux martyr « et prêtre, eut terminé ses souffrances et gagné les « hauteurs célestes, après qu’il eut été rapporté de la « Frise, témoin de son martyre, Raban fit élever au- « dessus ce monument à la gloire du saint, dont il « n’est que le très-petit serviteur. Quoique indigne « évêque, il est cependant son esclave ; ô lecteur, « répands pour lui tes prières devantle Seigneur 1 ! »
Voici un autel sur lequel on lisait à droite : « La « troupe apostolique protège cet autel sacré, l’entoure « de prières, d’ornements, d’amour. Vous aussi qui
entrez, inclinez vos têtes et demandez d’un cœur « dévêt le secours de la lumière. » — Puis à gauche : « Illustres dans l’univers, Boniface et ses compagnons « gardent cet autel ; si tu veux, ô lecteur, connaître « leurs noms, regarde la peinture et relis les tituli 2. » Il est évident d’après cela que les compagnons du martyr se trouvaient figurés en peinture sur le massif de l’autel.
Les reliques de la croix sont mentionnées dans plusieurs inscriptions et leur désignation précède toujours celle des saints, de même pour les parcelles de la table du Seigneur, de son tombeau, du lieu de son