Ruffi, Hist. de Marseille, t. II, p
Mémoires delà Société archéol. du Midi, III, p. 205.
— Dessin de Laugier, lith. par Lopez.
— Migne, Dict.d’épigraph., I, 881.
Nous devons à l’obligeance de M. Augier un très-bel es- I tampage de ce monument.
d’église crénelée et dont le porche est surmonté d'un campanile avec deux cloches ; dans celui du milieu une croix d’autel entre deux chandeliers ; enfin sur le troisième, on distingue, malgré la mutilation de la pierre, un prêtre qui célèbre la messe et qui se retourne vers les fidèles. Si, comme plusieurs exemples déjà cités nous le prouvent, l’ancienne orientation de l’autel subsistait encore en Italie, cette sculpture datée nous montre qu’il n’en était pas de même en Provence. Le prêtre a une chasuble enrichie de dessins ; l’autel, supporté par un seul pied, s’appuie à une contre-table moulurée au bord et ornée de losanges ; nous avons déjà, à propos des images de verrières, signalé cette disposition. Le calice est sur l’autel, mais la croix au lieu d’y être posée, comme la coutume en prévalut à cette époque, est suspendue au-dessus. Le fragment de ce bas-relief qui fait défaut peut être restauré d’après la gravure de Ruffi.
Le xive siècle nous olfre, dès son début, une charmante image de la messe à la cathédrale de Rouen. Sur le soubassement du portail méridional un évêque est représenté célébrant le saint sacrifice et faisant l’oblation du calice. Derrière lui, le diacre tient un cierge allumé, et un second diacre élève ses mains voilées, sans doute pour offrir la patène. L’autel est couvert d’une nappe, mais n’a pas de croix, ni de chandeliers. Ce médaillon est situé sur le retour du porche, parmi de petits bas-reliefs dont rien n’égale l’intérêt et la richesse et où l’artiste, sous les traits les plus spirituels, nous représente toutes les scènes de la vie du moyen âge. (PI. XXI.) Le portail méridional de Saint-Ouen, quoiqu'il appartienne à une époque bien plus avancée de ce siècle, doit être cité pour les scènes liturgiques qu’il nous offre encore. Dans un des médaillons, le saint est devant l’autel, il tient l’hostie de la main droite, un ange lui apparaît.
Gori publie un diptyque peint, qui existait de son temps dans le monastère de San-Chiarito de Florence, et dans lequel nous trouvons une représentation intéressante de la sainte messe. Au milieu, on voit Notre-Seigneur qui laisse échapper de son cœur des rayons qui aboutissent à la bouche des douze apôtres rangés autour de lui dans l’espace céleste. En bas on voit trois actes différents du sacrifice, repré¬
sentés devant trois autels. Dans le premier, on a figuré la Consécration : l’hostie comme une étoile est entourée de rayons. Dans le second, à droite, le prêtre communie, pendant que le démon, sous forme d’un dragon, cherche à mordre l’assistant. Enfin, au milieu, le prêtre donne la communion. L’autel porte seulement le chandelier, le calice et le missel ; il est orné de parements brodés. (PL XXI.)
Cette garniture de l’autel nous engagerait à attribuer ce monument au xme siècle. Cependant le couvent n’ayant été fondé qu’en 1340, parle bienheureux Chiarito, il est probable que cette peinture n’est pas antérieure. Ce couvent appelé depuis 1787 a Conservatorio delle Mantellate » est situé via San-Gallo.
A Saint-Michel de Monza une peinture représente la consécration d’une église par N. -S. lui-même au milieu de nombreux fidèles. — La messe en est à l’Évangile chanté à un lutrin. Le prêtre est à l’autel tourné vers les fidèles, suivant l’ancienne coutume L
Simone Memmi a peint à Assise, dans la chapelle de Saint-Martin (église inférieure), une célébration de la messe 2, non moins remarquable par la beauté de son style que par les données liturgiques qu’il nous fournit sur l’époque. Le moment est celui de l’Élévation. Pendant que saint Martin élève la sainte hostie deux anges accourent à tire d’ailes et placent un riche coussin sous ses bras pour les soutenir. Par derrière un clerc agenouillé soulève légèrement de la main gauche les plis de la chasuble et tient de la droite un cierge qui n’a pas moins de six pieds de haut. Le saint est monté sur une marche en bois, à cause de la hauteur qu'on avait coutume aux xive et xve siècles de donner aux autels, le corporal est déployé sous le calice ; des tapisseries et une nappe luxueusement brodée cachent la table sacrée ; au-dessus on voit un chandelier, une croix, un missel appuyé sur le coussin. (PL XX.)
Bibliothèque de Laon. — Cette bibliothèque si riche en manuscrits ne pouvait être vide pour notre iconographie. Le manuscrit 325 nous montre deux scènes de la messe illustrant des majuscules. Dans un C, on a figuré deux personnages, un clerc et un laïc qui conversent vivement pendant qu’un prêtre célèbre les saints mystères. Le clerc semble pousser le laïc hors de l’enceinte sacrée. M. Édouard Fleury pense que