Talmud Baba balhro, i
l'ame 129
luounii-ciil ilaiis la jciuissaïuo ilo la coiiiinM'lifiision cl de raiiiouf inlfllciliicls poi-U's au plus haut (lci;ri''. Choz tous les Iiomnies supérieurs, du i-este, la puissance intellecluelle se fortifie au monieul de se séparer du corps. Lintelli<;encc, une fois détachée des liens ph vsi(|ues, reste à tout jamais dans cet état de jouissance suprènu-.
Seul est immortel riiomnie qui s'est élevé à la [)erfection dernière, à la jjossession de rinlelligence en acte, des vertus dianoéticpies, de l'intellect acquis ('). Car l'àme (jui survit après la mort n'est pas la même que celle qui naît dans l'homme au moment de sa naissance. OUe qui naît avec lui est une pure disposition, c'est l'intellect liyli(|ue qui est périssable ; tandis que celle qui reste après la mort, c'est l'intellect d('V(Miu en acte, l'intellect acquis ('). qui s'ideiililic tolalcuKMit avec l'intellcHt aident universel ('). A ce dcii^ré. m'i rinlcUincnl cl 1 iiitcllii'ible ne font [)lus ([u'un. il n'y a plus oubli.
Sur l'intellect aci[uis. qui est tout et toujours en acte, Satan, ([ui représente la pi-ivatiou. n'a aucune prise ('). Lésâmes des iioninics d'('lil('. (|U()i([ue cr(''écs, sont assurées de rimmi>rtalil(-, tandis i[ue les àmcs des auli'cs sont vouées à la desiruclion ( ).
I,cs àuics. a]irès s'être séparées des corps, fornicnl une uniti' numériipie. connue l'a montré Ibn Hadja ('), Les intcllij^enccs pures n'admettent en aucune façon la multiplicité, si ce n'est (|uc lune est la cause de l'existence di-
I (Jiiidf, 111, cil. a;, p. ai'j; cli. la, p. -'<; cli. .")i, p. Jiia; I, cli. ;», p. 3aji: «•Il 11. p. ijl): leçoilt' htt-Torah, cli. 4. !'■ 8 et i).
2. Cet iiili'lloct n'est pas mu* facuUé dans un corps, il cs( srp;irr <Iii ciirps sur lc((iifl il sVpanclic. Giiidf, III, cli. ;a. p. 't;'i CI'. .Vrislolc, Ih- Anitnii, III, cli. ."), si 1 .
't. ('."est la â'vw^t; <lcs .Mcxaiulrins. l'iltiral (conjonction) d'Ilin lï.Tiljn, Ihn 'l'ofail et Avci'i'ocs.
.'l. liiiiili-, 111. cil aa. p. ilXi
.*i. Oiiiitt', II, cil. a;, p. ai>."i; .U/.sr/i/n* l'ornh, traite Tt-schimhit , \'lll, SS '-3.
fl. Voir sa f.iUlrr (/'(ii/im.v. Avcrrors professe la niOnu' doctrine: .Mlierl !<■ (îrund .s'eli-vc contre elle: cl' liuide, 1, p. J'ii. note J
130 l'ame
Tautrc. Kilos ne se distinguent qu'en ce que telle est cause et telle autre elTet ('), Or ce qui survit de Zéid n'est ni la cause ni lelVet de ce qui survit de Amr. L'àme de Zéid et celle de Amr sont nécessairement unes par la forme. Ce qui est un par la foi'nie ne reçoit la nuiltipliiilc que par la matière. Dès lors, les âmes, après la mort, Ibrnient un tout unique [').
1. Cf. Giiiili-, II. Introd.. p. i.l cl ni; I, ch. -i. p. 3-3: leçodé ha-Torah, II. §5.
2. Guide, I, cil. ;4, p. 434. Sm- l'immortalitc. voir aussi Introduction au A' chap. de Sanhédrin, où Maïmonidc traite le sujet d"une mauière populaire.
Nous avons essayé de reconstruire la doctrine métaphj'sii[uo de Maïmonide. Cotte doctrine peut se résumer ainsi :
L'existence de Dieu peut être démontrée. Elle ne peut Tètre que par l'univers considéré dans son ensemble. On admettra provisoirement réternité du monde pourdonner à su dénionslration une base inél)ranlal)le. L'existence d'un [iriiuipe sn[irémc s'établit i>ar la ]ireuvc du premier moteur et de l'ctre nécessaire. ^
De Dieu MOUS n(> savons rien sinon qu'il est. nous ignorons le tout de son essence. Dès lors il l'avil rejeter tout attribut essentiel ou positif. On ne saurait adnu'ltre que deux sortes d'attributs : des attributs d'action, parce qu'ils se bornent à ex[)rimer les manircstations de l'activité divine; des attrihuls m'i^alifs. pai'ee cpiils di'j^agent l'idée de Dieu des (•()nce|)ti<>iis j^i-ossières. Il reste ipic Dieu est I l nilé iinniatei'ielle. sini[ile. absolue.
Il y a un monde supérieui- el un nii>nde inférieur. Le monde supérieur est celui des Intelli-^ences pures ou aiifjes. des splières et des asli-es, qui sont des êtres intellij;ents. libi-es et pérenn<'ls. CluKpn- splici'c a pour princii>e une Intellijjence pure. Il \ a ili\ iiitelligonccs, la dixième est rintelleet agent universel. Les splières ont le désir de se raiipi'oelier de Dieu: e<'st jiar l'attrait «pi'il exerce sur elle^ (|ui' l)ieu le-- met en luou\ ciiienl. ( '.onlrainiueiil à
Aristote, Maïmonide soutient que Dieu a créé les Intelligences, les astres et les sphères.
Le monde inférieur ou sublunaire est le monde de la matière première qui se difl'ércncie en quati-e éléments. Le centre de l'univers est la terre. Alors que les êtres du monde supérieur ne périssent point, dans le monde sublunaire seules les espèces demeurent, les individus disparaissent. L'homme est la créature la plus noble de ce bas monde, mais il n'est rien par rapport à l'immuable Tout.
On a admis provisoirement l'éternité ilu monde, alin de se servir des arguments péripaléticiens pour établir l'existence et l'unité de Dieu. IMais une fois la certitude acquise que Dieu existe et qu'il est l'Un immatériel et pur. on peut à l'aide des propositions même d' Aristote attaquer l'hypothèse d'un monde éternel et s'élever à l'idée d'un Dieu créateur. La création n'a rien d'impossible ; même, elle est moins absurde que la théorie de l'éternité. Donc on tiendra que Dieu a créé le monde ex nifiiln, d'autant plus qu'admettre la nécessité éternelle du monde ce serait saper la religion par la base, puisqu'il faudrait nier Tes miracles et la révélation. Quant à la perpétuité du monde, comme elle n'a rien qui soit contraire à la foi. on peut l'accepter.
Dieu est omniscient : il doit réunir en lui toutes les perfections, donc il ne peut rien ignorer. C'est par une connaissance unique qu'il connaît les phénomènes multi[)les et nombreux. Celte opinion assurément n'est pas sans paraître dillicile à notre entendement ; c'est que nous jugeons de sa science sur la nôtre. Nous devons croire que rien absolument n'échappe à Dieu, mais il nous est impossible de concevoir sa science.
Dieu est providence. C'est par l'épanchement qui découle de Dieu que tout existe et que tout se maintient. L'influx divin se communique aux Intelligences ; celles-ci envoient leurs énergies aux sphères, qui à leur tour font part de leurs forces aux créatures. Dieu est transcendant.
et pourtant sa providence s'étend à tout. Œuvres et lois divines sont d'une extrême justice. Dans le monde sublunaire, la providence ne s'attache, en fait d'individus, qu'à ceux de la seule espèce humaine. Pour les auti-es espèces, l'individu en tant que tel est livré au hasard. La providence suit répanchcment divin : providence et intelligence sont connexes. La providence protège l'individu humain à proportion de la perfection de cet individu.
Mais en face de la providence divine se dresse le problème du mal ! — • Hé bien, en allant au fond des choses, nous nous persuadons que Dieu ne saurait être l'auteur direct du mal. Toutes ses actions sont purement bonnes, attendu ([u'il ne produit ijuc l'èlre et qu'Etre et Rien c'est tout un. Le mal est privation, il est inhérent à la nature de la matière. Le pessimisme est une erreur anthropocentrique : on juge de l'univers sur la nature humaine. Or l'homme n'est rien dans l'immense Tout. En réalité, l'existence est un grand bien et la plupart des maux sont dus à nos erreurs et à nos vices.
Le monde est l'o'uvre d'un plan. Les opérations de la nature jusque dans leurs moindres détails sont sagement réglées. L'univers a donc un but. Le monde a été déterminé par la volonté divine suivant la loi de sa sagesse. Or volonté et sagesse composent l'essence divine. Par conséquent. Dieu est la fin dernière, la fin des fins. Dès l'instant (|u'<)n admet ipi'il y a un [>lan. on est fondé à croire que l'auliMir du plan peut concevoir un autre des sein et modifier le coui-s de la nature. Nier le miracle, c'est nier la religion. Mais l'idée de changement répugne au concept du Dieu sage et immuable. On dira donc que Dieu a dès l'origine disposé la nature de telle sorte que dans telles circonstances données il prtt se produire des phénomènes extraordinaires. Le miracle n'est point, jiar (•iiii^('(|iierit. l'i'iret d'une intervention pai-tiiulière de la dt\ iiiitc. il rentre dans r(-con(>mie primilivement l'-tablie de l'uiiivers.
(Juant à riiomnie. il est absolument libre, il n'y a par
13(j CONCLUSION
rapport à lui ni prédestination ni déterminisme. La prescience de Dieu n'empêche pas le libre arbitre, attendu que la connaissance des choses possibles ncxige pas nécessairement qu'elles se réalisent de l'une des manières possibles. Il dépend de nous de fortifier le lien qui nous rattache à Dieu, car il dépend de nous de solliciter l'épanclienient de l'intellect universel. Nous remplissons notre destinée, quand nous réalisons notre essence qui est de posséder la connaissance intelligible. Ainsi nous acquérons les vertus dianoétiqucs, nous nous élevons à la perfection suprême et nous nous assurons l'immortalité. L'intellect devenu en acte, l'intellect acquis, s'identifie à l'intellect agent universel. Seule l'àme des hommes d'élite obtient l'immortalité, les autres hommes sont voués à la destruction. Les âmes après 1 1 mort forment un tout unique.
Tel est, en bref, le système métaphysique de Maïnionide. Comment définir cette doctrine ? Elle prétend être un spiritualisme : elle aflirme un Dieu transcendant, libre, créateur, providence, une âme immortelle. En réalité, elle nous offre un Dieu inconnaissable et indéterminé. Unité pure et inefl'able, des lois naturelles inllexibles, une intelligence impersonnelle et la réabsoi'ption de l'âme individuelle. La doctrine de jNIaïmonide n'est pas non plus le pur rationalisme, puisqu'elle fait une part importante à cette force mystérieuse de l'épanchement divin et donc reçoit des éléments mystiques. Il n'en est pas moins vrai que pour Malmonide la raison est la faculté maîtresse, puisqu'il soumet tout, même l'Ecriture, à sa juridiction, puisque à ses yeux le dernier ferme de l'activité et la suprême perfection c'est la connaissance intelligible, puisque seule la raison est immortelle. Xous croyons donc pouvoir définir sa doctrine : un rationalisme transcendant mêlé d'agnosticisme et de mysticisme.
Maîmonide est-il un penseur original"? Non, sans doute.
si l'on ontend par originalité invention d'idée neuve. Maïmonide, en cfTet. n'a apporté aucune de ces vues géniales qui découvrent à l'esprit des horizons ou des profondeurs jusqu'alors inaperçues. Il emprunte ses idées philosopliiques aux commentateurs grecs et aux interprètes arabes d'Aristole. ('cpondaiit Maïmonide n'est pas un simple écho, ni un pur compilaleur. ni un plus ou moins haliile ajusteur. ^laïmonide est personnel dans sa méthode d'abord : « Je n'ai pas appris d'un maître ce que j'en pense ». dit-il {Guide. III. p. G). Au moyen de l'interprétation allégorique, qui chez lui devient une exégèse rationnelle singulièrement hardie, il arrive à résoudre des dillicullés en a[)pareuce invincibles et de la sorte à concilici' le judaïsme avec la philosophie. Il est personnel dans la vigu(>ur de sa critique, [lar exemple, du système des Motécallini. Il est personnel aussi, en ce qu'il ne suit [tas aveuglément les penseurs qu'il a pi-is pour guides ; il n'hésite pas à les combattre, quelquefois même il s'en sépare sur des questions de première importance, témoin son attitude envers Aristote qu'il déclare inq)cccable en physiipie. mais sujet à caulictn en métaphysique. D'une façon générale, Maïmonide ne se borne pas à i*eproduire simplement ro])inion d'autrui, il la repense et la fait sienne : il dégage avec force et ]iénétration les gi'ands problèmes et il en poursuit la solution avec une logique serrée et systématique.
Dans tous les cas. au sein du judaïsme, il a fait O'uvre de novateur. Hien ne le prouve mieux que les poli-miques violentes dont le Gnidi' fut l'occasion et l'oiijel. Nous n'avons jias à retracer l'idsloire des luttes pour et contre .Maïmonide. Nous nous bornerons à sigjialer les points de doctrine qu'on considérait comme [)articuliers à notre docteur et <[ui devaient exciter tant de colère chez certains ral)liins. Ces points de doctrine sont les suivants :
i" On ne doit iiitrniluire en Dieu aucune espèce il'atlribut jiositif.
3° La raison est le souverain critère, ce quelle réprouve ne saurait être enseigné par la religion. D'où sollicitation (les textes au moyen de Texégcse allégorique.
3° Au cas où Aristote eût établi démonstrativement que le monde est éternel, cette conception pouvait s'harmoniser avec l'Ecriture.
4° C'est la connaissance, et non point la pratique morale, qui assure l'immortalité.
ô° L'homme supérieur jouit d'une providence spéciale.
G" La prophétie est un épanouissement naturel des facultés humaines. Elle a sa source dans l'opération universelle de l'intellect agent, loyer commun des intelligences. L'intervention de Dieu est purement négative, en ce sens qu'il ne fait qu'empêcher ([uehju'un d'être propht'lc.
-° Toute révélation est purement spirituelle et intérieure.
8° Les préceptes mosa'iques ont une motivation rationnelle.
11 nous reste à dire un mot de l'influence de Ma'imonidc. Cette influence s'exerça à la fois sur la pensée juive, la pensée chrétienne et la pensée musulmane. « Son Guide, dit Munk ('), a puissamment contribué à répandre de plus en plus parmi les Juifs l'étude de la philosophie péripatéticienne et les a rendus capables de devenir des intermédiaires entre les Arabes et l'Europe chrétienne, et d'exercer par là une inilucnce incontestable sur la scolastique. Dans le sein de la Synagogue, le Guide a produit des l'ésultats qui ont survécu à la domination du péripatétisme et dont l'inlluence se fait sentir jusqu'aujourd'hui. C'est par la lecture du Guide que les plus grands génies des Juifs modernes, les Spinoza, les Mendelssohn, les Salomon Maimon et beaucoup d'autres ont été introduits dans le sanctuaire de la philosophie. L'au-
I. Mciangfs dr pUilosophit' jiiivt' et anibt' (Pai-is, iS5()). p. 4S6.
torité de ce livre devint si grande que les kabbaiistes eux-mêmes ne purent s'y soustraire ».
Aussi bien, pour se convaincre immédiatement du rôle joué par Maïmonide dans le monde civilisé d'alors, il suffit de considérer l'aire de dill'usion de son ouvrage, la rapidité avec la([uelle il fut traduit et le nombre de commentaires qui y furent consacrés.
Dix années ne s'étaient pas écoulées depuis l'apparition du Guide (ii<)o), (|u'en France, à Lunel. Samuel ibn TibboM entreprenait de traduire en hébreu le chef-d'œuvre de Maïmonide. Peu après pai-ut dans la même langue une version due au poète espagnol Juda AI-Harizi. Ainsi le Guide eut t»")t fait de pénéti-er dans les milieux intellectuels du judaïsme et d'y dclerminei- un profond mouvement il'idées.
Le nombre «le commentaires (jue suscita le Guide forme toute une littérature ('). Parmi ces commentaires, nous citerons ceux de Moïse ben Salomon de Salerno (ia4o), Schenitob Pahjuéra (1280), Abraham Aboulafia (1290), Joseph Caspi (i3'3()). Moïse Narboni (i36i2). Profiat Duran <lil Kfodi (I loo), Ascher ben Abraham dit lîonan t'.rescas (1438), Schemtob ben Joseph ben Schemtob (i488), Isaac Abravanel (i4<)3), David ben Juda (niesser Léon)(i5aG). Moi-dechaï lafé (i5()4). Salomon Maimon (1791), Isaac Satanow (1796).
D'un autre côté, dès le commencement du xiir siècle, le Guide avait dû être tr;uluit en latin, attendu que les plus éminents i-e[)résentants de la Sfolasti«iue ehrélienne se montrent très au coui'aiil de l'ouvrage philosophique de « Habbi Moyses Aegyptius ». comme ils a|ipellcnt Maïmonide ('). Déjà Alexandre de Haies et Guillaume
I. Voir Slcin^chiiridor, k Die Iicbraoisclioii CÀiiniiiriitiiri' /mil • l'iiliriT » drs .Maiiiiiiiiidr» », dans FestschriJI :iiin .litbzijislcn ClchurtsIaKe BerliiuT's (Kr.iiicfnrt-sur-lr-.Mciii. nni'J).
a. Moïse do Siilcriio dcclari' (jn'il a lu h' Guitie oii latin avet* Nicoki Pallia di <ïiiivriia//o. qui rmitla eu laaj iiii i-niiveut iloniiiiicain à Trtiui. \<iir l'crli's. Milita t.ixrh ri t1 f. Ge.i<h. u. W'isxin.i. il. Juilrnlliiiin.s, \\\\ ■
d'Auvergne ont utilisé le Guide. Albert le Grand doit beaucoup au docteur juif, il le met principalement à profit pour défendre la foi contre certaines théories aristotéliciennes. Mais l'action de Maïnionide fut encore plus considérable sur Thomas d'Aquin (') (jui évidemment avait étudié à fond le Guide et qui ne lui est pas seulement redevaljle de beaucoup de ses idées, mais jusqu'à un certain point de la conformation de son système. On relève encore des traces de l'influence niaïmonidienne chez Vincent de Beauvais. Bonaventure, Duns Scot.
En 1G29, Jean Buxtorf le jeune, le célèljre hébra'isant de Bàle. donna une nouvelle version latine du Guide. d"a[)rès Ihn Til)l)on. C'est par cette version que Leibniz eut connaissance du jjrand ouvrage de Maïnionide, qu'il aniKila cliapitre par chapitre, presque page par page (').
De bonne heure aussi, le Guide fut lu par les Arabes. Maïnionide l'avait écrit en arabe, mais avec des caractères hébreux. 11 avait pris cette précaution, craignant de choquer les nnisulmans par sa théorie de la prophétie, au cas oii l'on s'aviserait de l'appliquer à Mahomet. Cependant le Guide fut vite ti'anscrit en lettres arabes, et le traducteur hébreu Ibn Tibbon avait déjà entre les mains un exemplaire de ce genre. Un ouvrage d'un prêtre copte, Rasclnd Abou'l Kheir, contient des citations du Guide ( '). Al Tébrizi a commenté une partie du Guide (').
aiiiu'c ; Steiiist'lmeidcr, Ufbr. Uibliograpltif, XV, 87, XVII, 08; Giidemann, Geschichte des Erziehvmgswcsens, II, p. 228. Cette traduction a été retrouvée par Joseph Perles à la bîblîotlièquc royale de Munich. La traduction latine de Giustiniani, parue en iSao à Paris, n'était ijifune copie de cette ancienne traduction.
1. Il Mairaonides est le précurseur de Saint Thomas dAquin cl le More Nebotthiiirn annonce et préparc la Stiiiinia Iheoîogiae », Saisset, dans Ha'ue des di'u.K Mondes^ 18C2.
2. Cr. Fouchcr de Careil, Lrilmiz, la philosophii' jtiiiv et la Cabale (Paris, 1861).
3. .Munk, Xoliee sur Joseph b. Jehoiida (Paris, i84a), p. 2;. n. i.
4. Slcinsclincider, Die hebraeisehen Uebersetzungen des ^fitlelalters (Berlin, iSi)3). p. 36i.
Dans la (leuxu'me moitic' du xiii' siècle. \\>n Hoùd al Moui'si instruit les juifs de Damas dans le livre de Maïnionide ('). Joscpli Cuspi ou lîonal'oux d'Argenticres (xiv° siècle) raconte qu'à Fez les juifs étaient charités dans
les écoles niali étanes de faire des conférences aux elu-
diaiils ai-aijcs sur le Guide. La doctrine de Maïinonido l'ut même jugée sévèrement par les croyants musulmans. L'ortliodoxe Makrizi prétend que Maïmonide lit de ses coreligionnaires des athées, des « nioattii » (').
C'était I;i un jugement ([ui eût fortement surpris et ému Maimonide, lui (jui précisément avait dc-ployé toutes les ressources de son savoir et tie son génie pour niaiut<-nir la i-eligion en face de la science et de la pliilosopliie.
r. rioUlzilicr. dans .A'ui.s/i (Jiiiirlrrly llciicn, M. 2\S. a. -Muiik, Guiilc. I, p. ii.">. ii. i i Itenan. Aivrrocs, p. 42.
Vf : • \'U