LIVRE VI. — CAISK FINALE
tend csscnliellemeiit l'effet. Et voici la preuve spleudide qu'en donne saint Thomas :
Bonum aliquid est secundum quod est appetibile; unumquodque autem appétit suam perfectionem; perfectio autem et forma effectus est quwdam similitudo agentis, cum omne agens agat sibi simile. Unde ipsum agens est appetibile et habet rationem boni; hoc enim est quod ah ipso appetitur, ut ejus similitudo participetur (1).
Appliquons-nous à comprendre ce bel argument.
Le bien se définit par l'appétence ; rappétencc est une tendance intrinsèque, et l'objet de cette tendance est bon pour l'être qui tend vers lui. Or tout effet tend de toutes les forces intimes de son être vers sa cause. Donc la cause est le terme d'une tendance essentielle de l'effet. Donc la cause est bonne à l'effet.
Et faut-il donc pour la centième fois prouver cette tendance, ou dire en quoi elle consiste? La cause produit l'effet en se V assimilant ; la production de l'effet n'est qu'une assimilation effective, qu'une attraction de l'effet vers la cause. Donc l'effet devient, précisément par sa marche vers la ressemblance à sa cause, et réciproquement il tend vers sa cause, à mesure et par cela même qu'il devient. Donc enfin il est aussi essentiel à l'effet d'appéter sa cause que de s'appéter soi-même. Bien plus, il se désire, parce qu'il désire sa cause. Il demeure uni à soi-même, parce qu'il reste suspendu à sa cause; en un mot, il est bon à soi-même parce que sa cause lui est bonne.