‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 351 sur 581 · Bonté absolue de la cause · texte numérisé non relu

Bonté absolue de la cause

La cause est la source de toute la bonté de l'effet. Bonne à l'effet, elle est cause qu'il soit bon à soi-même, l'enveloppant pour ainsi dire dans son atmosphère de bonté. Est-il maintenant besoin de prouver qu'elle-même est bonne en soi-même et par soi-même, et que la bonté qu'elle déverse sur ses eflets n'est quo le résultat dune surabondance?

La preuve, d'ailleurs, en est facile. N'avons-nous pas vu que toute appétence tendait vers l'acte et que dans l'acte elle trouve son repos? De là, celte antique définition du bien : « Le bien est l'indivise union de la puissance et de l'acte (2). » Or la Cause, uniquement et purement cause, est un Acte tellement pur qu'on ne doit pas distinguer en elle la puissance de l'acte. Elle est donc bonne en Soi, à Soi. par Soi, et cette bonté absolue est la source et la cause de toute bonté dans tous ses effets.

Source surabondante ! Cause divinement libérale I Bonté qu'il faut adorer en renonçant à la comprendre, mais qu'il

(1) Ail). Magn., Summ. Ilicnl., p. I, (j. 25, mcmh. 1, art. 2, iiarlic. 1.

(2) Comiiuiniler dicitur (juod bonum est indivisio aclus a polenlia. (Alb. Magn., Summ. (lieoL, p. I, q. 2G, membr. 1, arl. 2, partie. 1.)

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faut célébrer en recourant aux plus Jjelles images! C'est ainsi qu'Albert le Grand, empruntant une comparaison à saint Maxime, nous représente l'acte créateur sous la forme d'un appel. Appel dune Honte qui reste immuable en soi et qui appelle tout à soi I Voix qui transporte avec soi la bonté et qui la dépose dans tout ce qui entend; car entendre, c'est subir l'impression de la voix, c'est participer à tout ce que renferme la voix !

Maximus episcopus dicil quod bonum dicilur à hoo, hoas; quia vocat ea qiiœ non sunl, lanquam ea quœ suni (1). Non autem vocat, nisi quibus im{)rimit formam suam tanquam per naturalem quemdam auditum; et sic videtur, quod proprius actus boni est bona ad esse deducere, et quod nihil causatorum sit nisi habeat caiisam boni. Et ex hoc ulterius sequilur, quod omne quod est, in quantum est, bonum est; eo quod ad esse nihil vocat nisi bonum. Hoc idem videtur dicereDionysius.Dicit enim quod boni est bona adducere et optimi optima (!2).

(1) Roin.. IV, 17.

(2) Alb. Magn., Siinun. IheoL, p. I. q. '1C>, meinbr. 2, art. 2.

Dans le texte de saint Maxime, il s'agit non de la bonté, mais de la beauté. Le Père grec joue sur la similitude des deux mots : xâ»,oç et y.aÀs'w. {Comment, svr les noms divins, chap. iv, § 7.) Albert, pour transporter en latin ce jeu de mots^ se risque à faire dériver le mot bonum du mot grec Poâw. « Bonitas non aliunde originein ducit nisi a verbo grœco : hoo, boas, id est, claino, clamas... Deus ergo non inconvenientcr dicitur Bonus et Bonitas. quia omnia de nibilo in essentiam venire intelligibili clamore vocal et clamât. » (Ead. qut'estione, membr. l, art. 2, partie. 1.)

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