CHAPITRE II. — KORMATIOX DE LA MÉTAPHYSIQUE
à-dire, suivant que le comporte le genre d'être sur lequel roulent ses démonstrations. Il est donc manifeste, puisque les axiomes s'appliquent à tous les êtres en tant qu'êtres (l'être étant ce qui est commun à tous), qu'il appartient de connaître de ces principes, à celui qui connaît de l'être en tant qu'être : "Qcz' ETTEt âriXov OTi ïj ovTK uTzdp'/ei Tcôiai (touto yàp auxolç -rô koivo'v),
TOÎJ TTcpi XO OV r, OV yVWpiî^OVTGÇ Xat TTSpl TOÛtOJV EGXtV i] OcWSl'a \l). »
L'éclat de celte démonstration est tel qu'il s'étend plus loin que la conclusion, et qu'il fait la lumière sur la question qui nous occupe. Vous demandez quels sont les principes propres de la métaphysique. Pour répondre, il me suffit de retourner la proposition d'Aristote : Puisque la métaphysique est la science de Fctre en tant qu'être, il s'ensuit que les principes propres de cette science sont les principes relatifs à l'être en tant qu'être. Et voilà pourquoi les principes de cette science, première entre toutes les sciences, retiennent en propre le nom de Prmcipes Premiers, par un redoublement qui atteste leur primauté.
Tous les axiomes sont donc des principes premiers, et nous pourrions dire que tous les principes premiers sont des axiomes, s'il n'était d'usage de réserver cette dernière dénomination pour les principes connus de l'ignorant aussi ])icn que du savant. Mais tous les principes de la métaphysique participent aux caractères vraiment essentiels des axiomes. Ils se présentent comme absolument vrais, universellement vrais, nécessairement vrais. Ils ^oni premiers, parce qu'ils se rapportent à l'être en tant qu'être; ils sont prouûers, parce que toutes les sciences doivent les admettre, et que nul ne peut se dispenser d'y faire appel.
Et par là nous avons la réponse à une autre question capitale. Vous demandez dans quelle lumière nous connaissons les principes de la métaphysique. — Je vous donne cette uni([ue réponse : Dans la connaissance des
(1) Arist., Mélaphys., liv. IV, cliap. m.
termes, et rien que par la connaisssance des termes. C'est la réponse scolastique.