‹ La métaphysique des causes d'après Saint Thomas et Albert le GrandChapitre 552 sur 581 · Des deux sortes de réalisation · texte numérisé non relu

Des deux sortes de réalisation

Ce qui précède est simple et connu de tous. Mais il ne faut pas oublier une remarque sur laquelle je suis revenu souvent.

L'intention de la fin pénètre tout le système et l'ordonne ; mais, dans cette opération de l'intellect pratique, le système est encore idéal. Pour ({u'il passe à l'état réel, il faut l'intervention d'une volonté efficace. Or, dans cette réalisation, on doit distinguer deux étapes. Par un premier acte de volonté, le système des causes est réalisé; les causes existent, et, par là même, leurs clVets aoni prochainement possibles, la fin peut être actuée. Par un second acte de volonté, la cause extrême est mise en action, le

(1) s. Thomas, 1' ir, q. 12, art. 2.

614 LIVRK IX. — COORDINATION DES GAUSKS.

mouvement court à travers les moyens pour parvenir à la fin, et le système des effets est réalisé.

Ces deux décrets sont séparables. Sans doute, on ne peut pas vouloir absolument la fin sans vouloir les moyens; mais on peut vouloir absolument les moyens sans décréter la fin. L'ingénieur, en réalisant tout le système qui a pour but l'éclat d'un rocher, veut que ce système puisse effectuer ce résultat ; mais sa volonté peut s'arrêter là, et laisser à un autre Tacte qui décrète l'opération définitive.

L'équation des causes nous fournit la même conclusion. En effet, l'ordre établi entre les engins partiels nous fait juger qu'on a voulu le vé^xxWdii possible ; mais, puisque la cause peut exister sans son action, l'actualité des causes ne peut nous faire conclure à l'intention absolue d'une action réelle. Si j'admire dans un royaume des routes, des fontaines, des hospices, j'en conclus que le prince a voulu (jue le commerçant/}?// voyager, que l'ouvrier /jz// se désaltérer, que le malade put se faire soigner. Je n'en conclus pas qu'il y a une loi pour voyager, pour boire, ou pour entrer à l'hôpital.

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