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religion. Nous avons, eu égard à notre situation, un besoin journalier de bien connaitre notre sainte religion dans ses dogmes, dans son histoire, dans sa morale, Seules, à l'heure qu'il est, les intelligences fortes et robustes dans la loi, peuvent être à l'abri des atteintes du subtil poison de l'erreur qui se glisse partout ; seules, elle peuvent déjouer les ruses de lennemi, éviter ses piéges, reconnaitre ses perfides caresses, Le combattre enfin avec avantage, silen vient à demander une lutte corps-à-corps. A-ton compté le nombre considérable de journaux protestants qui sont en circulation dans le pays ; qui chaque jour attaquent nos croyances directement ou indirectement, et qui malheureusement sont lus par une foule de jeunes catholiques ? Les moins fanatiques en apparence ne sont-ils pas encore extrêmement dangereux, par cela mème qu'ils démolissent sans avoir l'air d'y toucher ?
A quoi cependant abor tit notre système actuel d'éducation ? Il nous laisse presque sans défense aux mains de l'hérésie : nous connaissons au parfait l'idolâtrie des Grecs et des Romains, et uous n'avons pas la science religieuse nécessaire pour faire face aux dangers du présent, Aussi, comme la foi s'affaiblit rapide: ment parmi nous ; elle ne jette plus de profondes racines dans le sol; elle s'éteint; elle se meurt; bientôt elle aura cessé d’être
Voyons encore les terribles conséquences de l'affaiblissement de ce principe de vie. En perdant l'antique foi de nos pères. uous nous faisons peu à peu à l'image de nos maitres ; nous devenons égoïstes, cupides, intéressés, passionnés pour le bien ètre matériel, auquel nous pouvons sacrifier tout ce qu’il y a de plus noble et de plus saint sur la terre. Ah ! que les temps sont changés pour le Canada par suite de l'action continue de tant d'influences délétères que rien ne neutralise ! S'ils revenaient au monde, nous reconnaitraient-ils pour leurs enfants, avec toutes nos pensées basses et matérielles, ceux qui ont combattu pour nous laisser intact le dépôt de la foi ? Ne l’oublions pas, tout ce que nous avons de vie et de force comme peuple, nous vient de la religion : d'elle nous sommes nés ; par elle et avec elle nous avons grandi ; c'est encore elle qui nous fera goûter les joies de l’âge mûr, si nous savons la traiter comme il convient.
Pour ramener la foi parmi nous, la rendre vivace comme aux beaux jours de notre histoire, il faut nous adresser aux nouvelles générations; faire pénétrer chez elles, au moyen de l'ensei. gnement chrétien, les vrais principes, les maximes dictées par la Sagesse éternelle, la vérité tout entière ; les passionner pour le bien et leur montrer où réside la véritable grandeur, en leur faisant connaître la vie des saints, des héros du christianisme, en comparaison desquels les héros païens ne sont pas même des pygmées ; les former en un mot pour la société telle que la veut
CeLut qui est venu régénérer le monde au prix du plus pur de son Ssang,
Encore une fois, il ue faut pas se le dissimuler, la question d'enseignement est une question de vie ou de mort pour nous; de sa solution dépend tout notre avenir, Malheur, mille fois malheur à ceux qui la compromettraient par légèreté, par insouciance ou par orgueil, Il est temps, plus temps que es d'ouvrir les yeux, de reconnaitre le danger et de prendre les moyens de le prévenir, La noble terre du Canada, terre arrosée par les sueurs des saints et le sang des martyrs, menace de devenir une terre de trafic, un bazar d'industrie. Hâtonsnous, car Jésus peut-ôtre prendra le fouet de l'indignation et du mépris pour donner la chasse aux agioteurs et renverser leurs tables par une de ces secousses que nous appelons révolutions,
Le clergé ne peut rien avec la méthode païenne ; il peut tout avec la méthode chrétienne. Cette dernière seule est la sauvegarde de son influence.
Pour se rassurer on dit: “ L'éducation est ici entre les mains du clergé, il n’y a rien à craindre.”
O âmes simples, dirons-nous, avez-vous donc oublié qu'er Europe le clergé a toujours été maître de l'enseignement jusqu’en 1789 ? Et cependant, le clergé a-t-il pu empècher le protestanlisme, le voltairianisme, le rationalisme de naître des études classiques et d'exercer une influence à jamais désastreuse? A:til empêché la grande révolution francais? et les petites révolutions italiennes et espagnoles, ses filles, de naître aussi et d'aller toujours leur chemin? C'est donc ‘er l'évidence de la vérité que d'affirmer que l'éducation, parce qu’elle est entre les mains du clergé, est, par là même, un remède puissant contre des maux qu'elle n’a pu prévenir, qu'elle n'a pu empêcher, mais qu’au contraire elle a même engendrés,
Espère-ton aujourd’hui être plus habile que tant de maîtres si pieux, si instruits, si exercés dans l'art difficile d'élever la jeunesse, et qui n’ont pu, malgré toutes leurs grandes qualités, empêchés le virus païen de corrompre ce qu'ils avaient tant à cœur de conserver ? Se flatte-t-on de prendre des précautions qu'ils ont négligés, de donner des contre-poisons qu'ils n’ont pas connus ? Aston un moyen sûr, efficace, éprouvé, de neutraliser
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Si on a trouvé ce moyen, c'est un crime d'en faire mystère ; el si où ne l'a pas découvert, comment ose-t-on dire : “ Continuez d'enseigner conne ont enseigné vos pères; continuez d'enseiguer conne les pieux instituteurs des mains desquels sont sortis tous les Vollairiens et tous les révolutionnaires; iln'y a rien à changer.”
[est donc clair comme le jour que les bons professeurs ne suflisent pas et que la grande question de l'éducation n’est pas une question de personnes, mais une question de méthode. Que les professeurs soient pieux et habiles autant qu'il est possible de le désirer, ni leur art, ni leurs excellentes intentions ne peuvent changer la nature des choses; tant qu’ils jetteront la jeunesse dans le monde du paganisme, ils formeront des générations païennes, Penser le contraire, C’est une erreur, Cette erreur, Nous la commettons depuis longtemps, nous la commettons chaque jour : voilà la cause principale du mal qui nous dévore.
Une reflexion se présente ici naturellement : tôt ou tard l'édu-
cation dans notre pays passera des mains du clergé en celles des
laïques, si l’on continue à la donner d'après le système paie. L'illusion n'est plus possible; ce qui a eu lieu en France depuis 1789 aura lieu ici et pour les mêmes raisons. Tout nous donne à penser ot à croire que non seulement la chose est possible, mais qu'elle se réalisera dans un avenir assez prochain. On ne tardera pas à dire tout haut que pour enseigner du latin et du grec, purement et simplement, pour commenter et faire goûter les classiques anciens, les laïques sont aussi habiles, sinon plus que les ecclésiastiques; qu'il n’est pas besoin de porter soutane et rabat pour faire des cours de bonne et excellente littérature. Qu'aura-t-on à répondre à un pareil argument si la méthode d'enseignement reste ce qu’elle est? Rien absolument, à notre avis.
Si donc le clergé veut rester maître de l'éducation, ce que nous souhaitons autant et peut-être même plus vivement que lui, qu'il la donne chrétienne comme lui seul peut et doit la donner. On n'aura plus de raisons à l'aire valoir contre lui. En outre, les hommes d'état, qu’il aura formés, seront tellement convaincus, par une conséquence inévitable des principes qu’une éducacation toute chrétienne aura déposé en eux, de la nécessité de son action sur l’enseignement, qu’ils regarderont comme une profanation et un sacrilége de changer cet ordre de choses.
Aujourd'hui surtout qu'on ne songe pas encore à contrôler l'action du clergé sur l’enseignement, qu'il fait en cette matiere absolument comme il veut et comme il l'entend, qu'il se hâte de prendre ses mesures pour rester toujours maitre de la position. De là, il exercera la plus heureuse et la plus salutaire influence ;
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il formera un peuple fort et puissant ; destiné à jouer un grand vôle sur le contiment d'Amérique, car, d'après les desseins de Dieu, le sceptre et l'empire appartiennent aux nations catholiques.
La méthode chrétienne peut seule former de bons citoyens.
On dit enfin, pour s’autoriser à suivre la méthode païenne. que les maisons d'éducation n’ont pas seulement inission de former des eleres, mais encore des citoyens,
Nous avons peu de choses à répondre à un semblable argument ; sa faiblesse se trahit de suite.
Nous dirons d’abord que la méthode chrétienne a pour but de former des chrétiens ; or, par la mème qu'elle formera des chrétiens, elle formera des citoyens. On ne concoit pas un bon citoyen qui n’est pas bon chrétien.
Nous ajouterons ensuite que s’il est nécessaire d’entourer de soins si nombreux les jeunes enfants qui se préparent au sacerdoce, leur donner une éducation si profondément religieuse, à fortiori faut-il qu’il en soit ainsi pour les jeunes gens qui n’ont pas dessein d’embrasser l’état écclésiastique. Pour eux, en effet, instruction religieuse finit avec le cours classique, tandis qu’elle se continue pour les autres, et, en entrant dans le monde, ils rencontreront des dangers tels qu'ils succomberont infailliblement, s'ils ne sont pas robustes dans la foi. En faveur de ces jeunes gens, le cours classique doit donc être orgauisé à un point de vue entièrement chrétien, puisqu'ils n'auront plus guère occasion par la suite d'étudier le christianisme. Et puis, le citoyen, l’homme d'état n'a-t-il pas, d'après les desseins de Dieu, un véritable apostolat à remplir, et, pour le remplir dignement, ne doit-il pas connaitre la religion aussi parfaitement que possible ?
On sera forcé, nous l’espérons, d'avouer qu’il y a du bon sens et du bon sens chrétien en cela, Par suite, on voudra bien accorder que là où il y a bon sens chrétien, là aussi il y a vérité.
. Nous voici naintenant arrivé au terme de notre travail. Puissions-nous avoir atteint le but que nous ambitionnons par dessus tout : le triomphe du bien, le règne de la foi, la gloire de Dieu.
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Malheureusement les obstacles que nous rencontrons à laccomplissement de nos desseins viennent de la part de per s0nnes qui devraient naturellement marcher avec nous et HÊme à notre tête. Sinous avons usé d'expressions fortes Re nous Le le regrettons pas ; nous avions à qualifier une conduite LR méritait et au-delà. Les faits sont connus : On a persécuté, calomnié de trèsdignes et très-savants professeurs ; On à Due privé la jeunesse laïque et cléricale de leurs pi ue DL ments, par cela seuls qu’ils étaient trop ar Hg te Ca LS liques. En revanche, on encourage et on emp de es pes du seurs hétérodoxes. La chose n’est guère croya le, ue c'est ce qui a eu lieu dans certaine maison House ù ré et catholique. À s vue de nas procédés, il faut pro
et faire entendre des réclamations. | 5e tard nous aurons à mettre au jour dAUFAGEAUS es qu'il devient urgent de faire connaitre, re ‘que justice soi rendue et que l’on sache en qui mettre sa confiance.