RAPPEL PHYSIOLOGIQUE
La méthode présente une autre originalité. Henriet, élève de Leriche, applique les théories de son maître. Il vise à provoquer dans la sphère génitale des modifications vasomotrices qui à leur tour agiront sur le tonus et la sensibilité. En ce qui concerne les muscles striés, en effet, diverses hypothèses sont en présence :
— Leriche pense que le tonus des muscles striés et la douleur sont régis par une action vaso-motrice du sympathique.
— Boeke avait admis, lui, l’action directe du sympathique sur le tonus et montré que des filets sympathiques se terminent au niveau des plaques motrices de cés muscles.
— Hunter et Royle pensent que le sympathique a une action sur le tonus plastique, alors que le système cérébro- spinal agit sur le tonus contractile. =
En ce qui concerne l'utérus, la question se es du fait qu’il faut distinguer : tonus, contractilité et sensibilité, et ce au niveau du corps et au niveau du col. En effet, ceux-ci doivent avoir des innervations différentes, puisque, dans la contraction normale, le corps durcit tandis que le col se relâche.
Pour Mahon, « la moelle lombairé joue un rôle considérable dans l’innervation de l’utérus. C’est d’elle que dépendent les contractions rythmiques, facteurs essentiels du travail... C’est d'elle que dépend le tonus du col utérin. Quant au tonus du muscle du corps utérin, il est sous la dépendance du sympathique ».
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venant.
| re Par contre, Pigeaud, en 1943, écrit : « Le sympathique ee
et latéro-vertébral, dont les fibres constituent les racines lombaires du ganglion hypogastrique, intervient peu ou pas dans
la tonicité et la contractilité du muscle utérin au cours de Son travail. Le sympathique pré et latéro-vertébral nous
paraît ti essentiellement la voie de la sensibilité spé-
cifique de 1 “utérus parturient, voie transmettant aux centres
supérieurs les sensations douloureuses spéciales qui accompagnent de. a si caractéristique les contractions utérines | du travail.
Dumont, ES sa thèse de Lyon en 1945, appuie cette théorie. La douleur de l'utérus parturient serait transmise
aux centres par voie sympathique. Elle serait du domaine
de la douleur projetée, conformément aux opinions d’Aburel. Ce serait presque toujours des douleurs tégumentaires, soit lombaires, soit inguinales, soit crurales. | L'accord est donc loin d’être fait en ce qui concerne les voies conduisant l’influx nerveux allant à l’utérus ou en pro-
Pour le périnée et les en de l'anus, la question
paraît mieux résolue depuis les travaux de Jayle, mais quelles sont les voies entrant dans le circuit du réflexe d'expulsion ?
Y a-t-il possibilité d’un réflexe sympathique ? Oui pour l’école française. La douleur ne serait perçue que lorsqu'elle
dépasserait un certain seuil.
Mais l’école anglaise répond non : les fibres sensitives sont communes aux systèmes végétatif et cérébro-spinal.
Pour ce qui est des centres dont dépend l'accouchement, tant au point de vue moteur qu'au point de vue sensibilité,
la question n’est pas non plus résolue.
En résumé, l° anatomie du système nerveux de Putérus est tout de même encore mal connue. Il n’est pas-sûr que la dissection arrive à la préciser et; èn tous cas, cette méthode ne pourra indiquer les voies du tonus, de la sensibilité, de la contractilité. On pourrait espérer, en infiltrant tel ou tel
nerf, faire une « dissection physiologique » et apporter quel-
GIRAUD. 2e LE 2
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que aide à l'étude anatomique; mais si nous reprenons les conclusions des travaux de Mahon, Pigeaud, de Bellefroid, Henriet, nous voyons qu’elles se contredisent et que la confusion persiste.
Nous essaierons, tout à l’heure, d'apporter notre modeste contribution à l’éclaircissement de cette question.