TROISIÈME PARTIE
La force donne lieu à des manifestations variées qui se substituent les unes aux autres, — États statique et dynamique des forces; tension et travail.
Force mécanique: état sialique , pesanteur, pression, traction; état dynamique, travail, force vive. Travail des solides, des liquides. — Conservation du travail; rôle des mécanismes. Applications au travail musculaire.
Force thermique. État statique : température, thermomètre inscripteur. Étal dynamique : quantités de chaleur; inscription des calories.
Force électrique. État statique : tension ou potentiel, inscription des variations de l’électromètre. État dynamique : intensité des courants et des actions électrolytiques.
Transformations des forces.
La physique moderne admet que la matière inorganique est soumise à une force, unique dans son essence, mais susceptible de revêtir des apparences variées. Cette force peut être à l’état statique et s’appeler alors force en tension; lorsqu’elle entre en action, elle peut se manifester par du travail mécanique, par de la chaleur, de l’électricité. D’autres fois elle se transforme en lumière ou en actions chimiques; ces dernières constituent de véritables actions de mécanique intermoléculaire.
Quand une manifestation de l’énergie se substitue à une autre, celle substitution se fait dans un rapport défini et toujours le même et il y a toujours équivalence dans le travail accompli. Ainsi l’unité de travail mécanique ou kilogrammètre, si elle se transforme en chaleur, produit toujours 4^5 de calorie , de sorte que celte quantité de chaleur est l’équivalent de l’unité de travail'. L’é-
t. En d’autres termes, une calorie est l’équivalent de 425 kilogrammètres, ou d’après Régnault, de 436 kilogrammètres.
quivalent électrique serait la quantité (l’énergie électrique produite par la transformation totale d’un kilogrammètre, ou de Y25 de calorie. Du reste, les unités ont été choisies de telle sorte, que le travail thermique s’exprime directement en unités mécaniques.
L’unité d’énergie électrique, lorsqu'elle sera employée à des actions chimiques, produira l’unité de travail chimique. De même, l’unité d’énergie électrique produit, dans un circuit homogène de résistance quelconque, une quantité de chaleur équivalente à l’unité de travail mécanique.
L’énergie qui, dans la matière inorganique, produit toutes les réactions mécaniques, physiques ou chimiques se manifeste aussi dans les êtres vivants et sous les mêmes formes. Les animaux produisent du travail mécanique, de la chaleur, de l’êlec- Iricité ; et si le physiologiste remonte aux causes de ces manifestations produites chez les êtres vivants, il retrouve toujours cette force dont la physique étudie les transformations dans des conditions plus faciles à déterminer.
Ainsi, au delà de ces mouvements dont nous avons étudié les formes si variées dans les précédents chapitres, nous devons chercher à mesurer la force dont ils tirent leur origine. Ce sera un degré plus avancé de la connaissance des phénomènes de la mécanique animale. De même pour la chaleur, non-seulement il est intéressant de suivre les variations de la température des animaux, mais il faudrait pouvoir mesurer la quantité de chaleur qu’ils produisent en un temps donné. L’électricité animale devra donner lieu à des recherches du même genre; toutefois, pour cet ordre de phénomènes, la solution parait plus éloignée que poulies précédents.
Mais supposons ces questions résolues; admettons que la physiologie soit en état de mesurer d’une manière parfaite les forces dépensées par un animal sous des formes différentes, il restera à résoudre expérimentalement cette question capitale: les différentes manifestations de l’énergie se substituent-elles les unes aux autres chez les animaux sous forme d’équivalent, comme dans le règne inorganique? Jusqu’ici l’on n’a pu faire à cet égard que des hypothèses, très-vraisemblables du reste, et transporter au règne animal les lois qui régissent la matière inorganique.