‹ La méthode graphique dans les sciences expérimentales et particulièrement en physiologie et en médecineChapitre 146 sur 277 · Journal de l'anatomie et 'de la physiologie · texte numérisé non relu

Journal de l'anatomie et 'de la physiologie

THERMOGRAPHE.

Lorsque la chaleur agissait sur la boule du thermomètre, une partie de l’air dilaté s’échappait par le tube de fer et passait dans la chambre close du tube de verre; la pression de cet air poussait alors l’index de mercure et le déplaçait plus ou moins. Le système équilibré obéissait au poids de l’index de mercure qui en occupait toujours la partie' la plus basse, tout l’appareil tournait donc et entraînait avec lui l’aiguille inscrivante.

Comme la moindre résistance eût empêché la rotation de cet instrument, je ne faisais pas frotter l’aiguille d’une manière continue sur le noir de fumée ; mais un mouvement d’horlogerie imprimait au thermographe une petite oscillation à chaque minute et faisait toucher l’extrémité du levier contre une glace enfumée. On obtenait ainsi une courbe formée de points suffisamment rapprochés pour qu’on suivît aisément les variations de la température.

Cet instrument est d’une grande sensibilité; mais il ne peut écrire que sur une surface verticale, et d’autre part, il est soumis aux influences barométriques, comme tous les thermomètres à air qui s’ouvrent à l’extérieur.

Une disposition plus simple consiste à terminer le tube du thermomètre à air par un tambour à levier. La sensibilité de l’instrument est moindre, mais le maniement en est plus commode ; le Seul inconvénient, c’est que, parfois, de petites fuites d’air se produisent dans les appareils et deviennent sensibles si les expériences sont de longue durée. On y remédie en remplissant d’eau le tambour à levier et la portion du tube qui en est voisine, c’est-à-dire les points oü les joints pourraient, à la longue, laisser échapper de l’air. Cet appareil, aussi bien que le thermographe, est soumis aux influences barométriques; mais pour une expérience de courte durée, ces influences sont ordinairement négligeables.

Indépendamment de ces deux sortes d’appareils, j’essaye en ce moment la disposition suivante: c’est un thermomètre inscripteur du système Salleron, fort analogue à celui dont on se sert en météorologie.

Une boule creuse de métal est remplie d’éther; elle communique par un long tube de cuivre avec un tube de Bourdon tourné en spirale. Celui-ci se détord quand la pression intérieure augmente; se tord, au contraire, davantage si la pression diminue. La dilata-

lion ou le retrait de l’éther sous l'influence des changements de la température de la boule thermométrique créent, dans le tube de Bourdon, les changements de pression qui le font tordre ou détordre. Une aiguille amplifie et inscrit ces mouvements.

Ce qui me fait préférer ce genre d’appareil à tout autre, c’est la facilité qu’il présente pour transmettre à distance les changements de température qui se produisenten un lieu; c’est aussi son indifférence aux changements de la pression barométrique; c’est, enfin, la force considérable avec laquelle le style trace sur le papier

Fis. 163. Thermomètre inscripteur. Deux boules remplies d’éther communiquent chacune avec un tube de Bourdon qui actionne un levier.

tandis que, avec les deux autres appareils, il faut de grandes précautions pour que les résistances n’altèrent pas la forme du tracé.

La sensibilité de ce thermomètre inscripteur est moindre que celle des appareils à air; mais la force disponible considérable permet d’amplifier les mouvements de l’aiguille au moyen d’organes mécaniques appropriés. Enfin, on accroît la sensibilité de l’appareil en donnant plus de volume à la boule thermométrique; mais alors il faut choisir pour sujets d’expérience des animaux de grande taille. L’exploration de la température centrale chez les petits animaux ne peut se faire qu’en employant de petites boules

Page 1