PULSATION DU CŒUR ET POULS AVORTÉS
cas, représenté figure 316, les systoles inefficaces à produire une pulsation artérielle présentent un aspect particulier : elles ont un sommet en quelque sorte bifurqué. Quant aux pulsations artérielles, c’est à l’athérome sénile qu’est due l’absence du dicrotisme.
Notons que ces modifications de la forme de la pulsation car-
, /vjvrw/V
ViAaAm
AAUaA
fcj'WA
Ai
Fig. 316. Pulsation (lu cœur (ligne C) cl pouls carotidien (ligne P). Systoles inefficaces marquées par une ligne pointillée. (Photogravure Gillot.)
diaque tiennent à une altération du rhythme des deux ventricules à la fois; il existe toujours un synchronisme parfait entre l’action de ces deux cavités du cœur et nous n’avons jamais observé le défaut de synchronisme dont certains auteurs ont parlé.
Je ne parlerai pas ici des formes variées de la pulsation du cœur dans les lésions organiques des valvules. L’exposition de ces formes diverses si caractéristiques demande de longs développements et doit être accompagnée de nombreuses figures représentant les différents types de la pulsation du cœur, dans chacune des lésions valvulaires et dans les cas où plusieurs valvules sont altérées à la fois. Cette étude constituera un important chapitre dans un ouvrage que je prépare en ce moment, sur la circulation du sang, à l’état sain et dans les maladies.
Depuis longtemps je rassemble les documents relatifs à celle question, et je puis enfin affirmer aujourd’hui que la cardiographie doit être un des éléments les plus importants du diagnostic médical : elle complète les renseignements, si précieux déjà, que fournissent l’auscultation et la percussion. J’ajouterai même qu’elle corrige les renseignements que nous fournissent ces deux ordres de signes physiques, car elle nous montre à quel degré la fonction cardiaque est troublée. Or, on a commis bien des erreurs
de diagnostic tant qu’on a cru que l’intensité des lésions cardiaques correspondait à celle des bruits anormaux que fournit l’auscultation; on s’est trompé de même quand on a cru que la force du cœur ou du moins l’énergie actuelle des systoles de cet organe se traduit par l’énergie des pulsations que l’on sent à la région précordiale.
La forme des pulsations du cœur exprime de quelle manière le cœur se remplit et se vide; elle traduit donc la manière plus ou moins parfaite, dont il fonctionne. Un bruit de souffle, au contraire, ne correspond nullement par son intensité au trouble de la fonction cardiaque. L’anémie peut faire naître dans un cœur sain des souffles plus intenses que certaines lésions d’orifice qui gênent considérablement le passage du sang. Bien plus, dans toute lésion cardiaque, l’aggravation de l’état du malade se traduit le plus souvent par une diminution de l’intensité des bruits, lorsque le cœur, incapable de surmonter les obstacles qu’il rencontre, faiblit et n’agit plus que d’une manière incomplète.
Ce qui a longtemps retardé la publication des x’ésultats que j’ai obtenus dans la cardiographie humaine, c’est la lenteur avec laquelle ont dû être recueillis les matériaux de ces études, c’est la longue série de tâtonnements qui ont été nécessaires avant d’obtenir des appareils précis et d’une application facile sur le malade; c’est enfin la nécessité d’obtenir préalablement les différents types normaux de la pulsation du cœur correspondant aux degrés différents de l’activité cardiaque, ou pour mieux dire, aux volumes différents des ondées sanguines que le cœur envoie à chacun de ses battements. Ces éléments physiologiques étaient le point de départ nécessaire des éludes cliniques dans lesquelles il sera peutêtre plus intéressant de connaître les légers troubles fonctionnels de la circulation du cœur, que les désordres irrémédiables qui tiennent à des lésions organiques