II
des organes.
Nous empruntons à François-Franck les conclusions de son travail sur le changement de volume des organes.
1. Les doubles mouvements de la main, affectant avec la fonction cardiaque les mêmes rapports que le pouls d’une seule artère, doivent être considérés comme l’expression directe des variations totalisées .du volume des petits vaisseaux.
2. L’expansion vasculaire de la main retarde sur la systole cardiaque de la même quantité que le pouls radial. Ce retard augmente ou diminue suivant que l’évacuation du cœur gauche est lente ou rapide.
3. Chaque variation du volume de la main présente un dicrolisme simple ou double, identique à celui du pouls artériel, et reconnaissant la même cause.
4. Le volume des organes explorés diminue sous l’influence de causes mécaniques variées (compressions artérielles, aspiration du sang vers d’autres organes, ventouse Junod.
5. Ce volume augmente au contraire quand on provoque mécaniquement l’accumulation du sang dans l’organe : par la compression des veinés de la main, par exemple.
* 6. Des influences nerveuses , directes ou réflexes, modifient le volume des organes en modifiant le calibre de leurs vaisseaux.
l’honmie de plusieurs autres manières. Par exemple, pendant qu’on inscrit le pouls de l’artère radiale avec le sphygmographe à transmission, on peut déterminer le resserrement de l’artère en appliquant sur son trajet un petit morceau de glace.
CHANGEMENTS DE VOLUME DU CŒUR
Le refroidissement de l’eau dans laquelle la main est immergée détermine un resserrement vasculaire et une diminution de volume.
L’application passagère du froid sur la peau du bras détermine une diminution de volume dans la main correspondante, par le resserrement des petits vaisseaux dû à un acte réflexe des nerfs sensibles sur les nerfs vasculaires.
La réalité de ce réflexe se démontre par l’exploralion du volume d’une main quand on impressionne la main opposée par le simple contact d’un corps froid :
L’expérience démontre en effet qu’il ne s’agit point, dans ce phénomène, d’un refroidissement du sang, ni d’une modification apportée au jeu du cœur ; le temps qui s’écoule entre l’instant de l’impression et l’apparition du resserrement des muscles vasculaires (temps perdu des muscles lisses) augmente avec la fatigue de ces muscles.
7. Les mouvements respiratoires modifient le volume des organes dans le même sens que la pression artérielle : dans les respirations ordinaires, larges et faciles, le volume de la main augmente pendant l’expiration, diminue pendant l’inspiration. Mais les rapports des courbes de variations du volume avec les courbes respiratoires peuvent varier suivant le type de la respiration (thoracique, abdominale, etc.).
8. L’effort, par là compression in tra-thoracique et intra-abdominale, chasse du sahg artériel vers la périphérie, et facilite l’évacuation du cœur. *
Des changements de volume du coeur aux différents instants
de sa révolution.
Les expériences que nous avons décrites page 384 se rattachent naturellement aux précédentes. Il s’agissait en effet de mesurer les changements de volume que le cœur éprouve suivant qu’il reçoit ou émet du sang. La circulation artificielle se prête fort bien à ce genre de recherches qu’on prolonge à son gré en renouvelant le sang qui circule au travers de l’organe.
Dans la disposition primitive que j’avais adoptée, le cœur était à nu dans un flacon plein d’air, et c’est par la condensation et la dilatation alternatives de cet air que le cœur actionnait un levier
inscripteur et donnait la courbe de ses changements de volume. Or c’est une très-mauvaise condition pour mesurer des changements de volume d’un organe que de le placer dans de l’air; celuici, en effet, absorbe par son élasticité une grande partie de la variation. François-Franck a repris ces expériences dans des conditions meilleures, il a mis le cœur (fig. 333) dans un petit tube plein d’huile de lin ; une branche ascendante renflée en boule permet aux mouvements de l’huile de s’effectuer suivant que les changements de volume du cœur la déplacent dans un sens ou dans l’autre. Plongé dans un milieu incompressible, recevant du sang par le tube Y, l’émettant par le tube A, le cœur transmet en entier ses changements de volume au liquide et fait varier beaucoup le niveau dans la boule. Ce mouvement est à peine atténué par l’élasticité de l’air contenu dans le tube de transmission et le tambour à levier qui l’inscrit. La figure 334 est un spécimen des variations de volume qui s’inscrivent; D correspond au gonflement diastolique du cœur, c’est-à-dire à la réplétion ; S est l’évacuation systolique de cet organe.
Fig. 333. Appareil à deplacement pour l’étude des changements de volume du cœur isolé. V, tube d’afflux. — A, tube d’écoulement artériel.
Fig. 334. Courbes obtenues avec l’appareil à déplacement : D, augmentation de volume pendant la diastole; S, diminution de volume pendant la systole
L’ensemble de l’appareil est représenté dans la figure 335. Un réservoir élevé plein de sang défibriné se vide à la manière des vases de Mariolte et entretient un niveau constant dans un vase inférieur d’où le sang est conduit par un tube-veine dans l’intérieur du cœur. Le sang sort du cœur par un tube-artère, signale
CHANGEMENTS DE VOLUME DU CŒUR
sa pression dans un sphygmoscope P qui l’envoie s’inscrire sur un cylindre tournant. De là le sang se déverse en D dans un tube en U dont une branche est fermée et communique avec un second tambour à levier; celui-ci inscrit les phases du débit du cœur.
Fig. 335. Appareil à circulation artificielle pour le cœur de la tortue permettant d’étudier les changements de volume du cœur (V) , les variations de la pression artérielle (P) et les débits (D) correspondants aux systoles. — (Les hauteurs des niveaux du sang dans h; tube en V où se fait l’écoulement A doivent être interverties.)
Enfin, les changements de volume du cœur accusés par les oscillations de l’huile dans la boule V s’inscrivent, à côté des deux autres mouvements, au moyen d’un troisième tambour à levier.
Comme le tube-veine qui envoie le sang dans le cœur traverse un serpentin métallique plongé dans un vase plein d’eau, on peut
chauffer ou refroidir le sang par l’intermédiaire de ce liquide et constater les changements qui se produisent sous les influences de la température, dans la fréquence des mouvements du cœur et dans le volume des ondées sanguines qu’il envoie dans les artères.