RÉPARTITION DE LA SENSIBILITÉ
Enfin, le procédé même qui consiste à teinter* à des degrés divers les surfaces géographiques est insuffisant à exprimer les relations variées que fournit la statistique. A peine trois ou quatre teintes peuvent-elles être employées, déterminant ainsi trois ou quatre degrés d’intensité d’un phénomène dont les chiffres inscrits sur la carte devront spécifier la véritable valeur. Mais ces chiffres eux-mêmes perdent leur valeur à mesure qu’ils se multiplient, car ils amènent une grande confusion dans la représentation du phénomène. Aussi est-il désirable do voir généraliser l’emploi d’un mode de représentation qui réunit à la fois la précision et la clarté. Nous voulons parler des courbes d 'égal élément , dont l’application à la représentation du niveau terrestre est déjà ancienne, mais que L. Lalanne a eu l’heureuse idée d’appliquer à la représentation d’un phénomène quelconque, étudié en divers lieux d’une manière comparative. Nous en parlerons dans le prochain chapitre.
Répartition de la sensibilité tactile; forme et étendne du champ visuel.
Les physiologistes et les médecins ont déterminé topographiquement les différents degrés de la sensibilité cutanée ; pour les uns, il s’agissait de savoir en quels points le tact est le plus subtil; tandis que pour les autres il fallait déterminer le siège et l’étendue de régions ou la sensibilité à la douleur avait disparu. Le moyen employé pour estimer le degré d’acuité du tact fut le suivant : un compas à deux pointes est appliqué sur la peau à laquelle il donne la sensation d’une double piqûre, si les pointes sont suffisamment écartées. Or dans certains points où le tact est peu exercé, il faut écarter beaucoup les deux pointes l’une de l’autre, pour que le patient perçoive la double piqûre. De sorte que le degré de sensibilité du tact sera en raison inverse de la distance des pointes, qui permet de percevoir la double sensation. En d’autres termes, plus une région sera sensible, plus on pourra rapprocher les deux pointes sans cesser de distinguer la double sensation de piqûre.
pour défaut de taille. — Guibert, Ethnologie armoricaine. (Extrait des mémoires du Congrès celtique international.)
Sur une statuette, on déterminera pour chaque point du corps, l’écartement nécessaire pour que la double sensation existe. Cet écartement se traduit par la longueur plus ou moins grande d’un trait dont les extrémités correspondraient aux deux points piqués.
On peut sur la statuette tracer en chaque région, des cercles ayant pour diamètre l’ouverture de compas nécessaire pour donner en ce lieu la double sensation. Quand ces cercles sont tracés
Fig. 41. Régions sensibles de la rétine. La sensibilité aux différentes couleurs est limitée par des courbes concentriques.
on constate que les différentes régions du corps présentent des degrés très-variés de sensibilité tactile et que ce sont précisément les points le plus fréquemment soumis aux impressions du tact, ceux dont l’éducation a eu l’occasion de se faire, qui ont le tact le plus développé.
Ces résultats coïncident avec ceux que Bloch a obtenus relativement à l’aptitude plus ou moins grande des différentes parties du corps pour distinguer l’une de l’autre deux impressions successives, deux coups d’induction par exemple ou deux frotte-