DES COURBES D’ÉGAL ÉLÉMENT
Mode de construction de ces courbes. — Application à la représentation des altitudes sur les plans topographiques; courbes d’cgal niveau. — Courbes d’égale profondeur des mers. — Courbes d’égal niveau atmosphérique. — Statistiques géographiques traduites par des courbes d’égal élément. — Lignes isothermes, isochimènes , isothères. — Courbes d’égales déclinaison et inclinaison magnétique. — Courbes d’égale population. — Courbes des hauteurs de marées en un lieu pendant une série de jours. — Courbes des températures à chaque heure du jour pendant l’année. — Dromographe sidéral. — Des tables graphiques employées comme instruments de calcul ; anamorphose géométrique.
Ces courbes ont pour objet de représenter une notion plus compliquée que celles dont il a été question jusqu’ici. Elles servent à exprimer les variations d’une, grandeur en fonction de deux variables indépendantes.
Pour prendre à titre d’exemple le cas le plus simple, considérons les courbes d’égal niveau dont on se sert pour exprimer les variations de la hauteur ou altitude, en fonction de la latitude et de la longitude terrestre.
Courbes «l’égal niveau.
Sur chaque point dont la position sera déterminée par les deux coordonnées géographiques, notons, au moyen d’un chiffre, l’altitude du sol, et quand le plan sera couvert d’une série de ces notations suffisamment rapprochées les unes des autres, joignons entre eux, par une ligne, tous les points qui présentent une certaine altitude; puis, répétons cette opératio'n pour toutes les altitudes diverses qui sont indiquées sur le plan: nous aurons construit les courbes d’égal niveau terrestre. Cette construction nous donnera
Fig. 42. Carte de la région des Puys en Auvergne, exprimant les allitudes sur des courbes d'égal niveau, de 10 en 10 mètres, d’après Bardin.
la représentation du relief du terrain, au môme titre qu’un plan en relief dont elle constitue, en définitive, la projection sur un plan.
Tout le monde a vu ces plans en relief formés de feuilles de carton découpées et superposées en assises irrégulières, de manière à imiter les mouvements de terrains d’un pays montagneux.
Chacune de ces assises, épaisse par exemple d’un millimètre, correspond à une différence de niveau de 10 mètres sur le terrain : de telle sorte qu’une colline ayant 60 mètres de haut sera représentée par l’entassement de six feuilles découpées, de grandeurs décroissantes. Or, pour chacune de ces assises horizontales, les sinuosités de son contour représentent des courbes d’égal niveau qui, vues d’en haut, apparaîtront comme des courbes irrégulières, concentriques les unes aux autres, les plus grandes correspondant aux niveaux peu élevés, les plus petites aux grandes altitudes.
On voit, figure 42 ', la représentation d’une carte où les courbes d’égal niveau sont tracées de 10 en 10 mètres et marquées d’une manière plus distincte de 50 en 50 mètres. Un peu d’habitude de ce mode de représentation suffit pour qu’on acquière du premier coup d’œil une notion très-nette des mouvements des terrains représentés.
Ainsi, par l’artifice des courbes d’égal niveau, on peut obtenir, sur un plan, des mesures de l’espace considéré suivant trois dimensions comme nous l’avons annoncé dans le chapitre premier.
Il paraît que l’emploi de ce genre de courbes remonte à une date fort éloignée. Au seizième siècle, J. Bassantin appliquait au calcul du mouvement des astres des courbes d’égal élément’.
Au siècle suivant, furent publiées en Hollande des cartes sur lesquelles des courbes d’égal niveau montraient les légères inclinaisons du terrain et servaient à calculer la pente des eaux dans ce pays sillonné de canaux1 2 3.
1. Pour exprimer la formation des courbes d'égal niveau, on peut aussi imaginer tpi'un plan en relief ait été sculpté dans un bloc formé de feuilles blanches d’égale épaisseur. dont les assises soient reliées entre elles au moyen d’une substance noire. Sur chacune des pentes de terrain paraîtra une série de lignes noires marquant la transition entre deux feuilles successives, c’est-à-dire un changement de niveau. Vu d'en haut, ce plan en relief accusera par des contours de figures variées les courbes d’égal niveau.
2. Astronomique discours de Jacques Bassantin, Écossois. Lion, chez Jan de Tovrnes, 1557, in-folio.
5. Dans un ouvrage intitulé l’Art du fontainicr, par le P. Jean-François, de la